Afrique

Mandat d’arrêt contre Compaoré : la FIDHOP interpelle Abidjan

Par Dasse Claude21 décembre 2015

24 heures après l’émission d’un mandat d’arrêt international contre l’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, relatif à l’assassinat de Thomas Sankara, une organisation ivoirienne de défense des Droits de l’Homme, exige « sa mise aux arrêts et son extradition immédiates au Burkina Faso ».

Dans une déclaration transmise à la presse, mardi 22 décembre 2015, le Président de la Fondation Ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) », le Dr Boga Sako Gervais a fait des observations et recommandations à l’endroit des autorités ivoiriennes.

Invoquant les Accords de Coopération Judiciaire existant entre les Etats membres de la CEDEAO, et particulièrement entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, la FIDHOP a exigé « l’arrestation et l’extradition immédiates de M. Compaoré dans son pays, afin qu’il réponde devant la justice des faits qui lui sont reprochés : « assassinat, attentat et recel de cadavre ».
Au regard du caractère d’émission d’un mandat d’arrêt international, insiste l’ONG, le Chef de l’Etat ivoirien et son régime n’ont pas d’autres choix que de s’exécuter, nonobstant les liens très profonds d’amitié ou de fraternité existant entre » ce présumé assassin de Thomas Sankara et M. Alassane D. Ouattara, ainsi qu’avec les ex-rebelles ivoiriens ».

La FIDHOP estime que tout refus du gouvernement ivoirien d’exécuter ce mandat d’arrêt international contre M. Blaise Compaoré devrait conduire à deux conclusions: « pour les Ivoiriens : ce serait la preuve que M. Ouattara n’a jamais eu aucun respect pour la justice, sauf lorsqu’elle est aux ordres de l’exécutif, d’où l’existence dune « justice des vainqueurs » en Côte d’Ivoire depuis son avènement au pouvoir ; sinon, pourquoi sont-ce seulement les « pro-Gbagbo » qui sont jugés, suite à la crise-postélectorale de 2010 ; mais surtout, pourquoi avoir transféré, si promptement, le Président Gbagbo et le ministre BLE-GOUDE à la Cour Pénale Internationale (CPI) et refuser d’extrader M. Compaoré devant la justice burkinabè ? ».

Pour les Burkinabés, relève le Dr Gervais, « outre Guillaume Soro, le Chef de l’Etat ivoirien serait vu tel un autre ennemi de la paix au Faso, puisque par ce refus, M. Ouattara s’opposerait ainsi à la manifestation de la vérité et de la justice, conditions à remplir pour une réconciliation véritable et définitive du peuple burkinabé ».
La FIDHOP a salué la justice et les juges burkinabés qui, par la délivrance de ce mandat d’arrêt international, honorent toute l’Afrique, « qui n’a pas nécessairement besoin d’aller s’humilier à la CPI ».

Aliou BM Diallo

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires