Afrique

Madagascar – Ravalomanana a passé noël en famille, ‎le président Rajaonarimampianina gracie des prionniers politiques

Par Charles Kouassi25 décembre 2014

 

L’ancien président malgache Marc RAVALOMONANA ( 2002-2009) est rentré à son domicile sis à Faravohitra-ANTANANARIVO, mercredi 24 décembre en début de soirée. Après 70 jours de détention à l’Amirauté, camp militaire d’ANTSIRANANANA (nord de Madagascar), il a ainsi pu passer la fête de Nativité auprès de sa famille.

Le 13 octobre, il était rentré de manière illégale de son exil d’Afrique du Sud, et le régime l’avait assigné depuis à résidence . Ce retour s’est déroulé dans une discrétion totale, bien que sa résidence demeure sous surveillance militaire.

 

Un « sommet des cinq présidents » – des quatre anciens, à savoir Albert ZAFY, Didier RATSIRAKA, Marc RAVALOMANANA et Andry RAJOELINA ainsi que du président en exercice Hery RAJAONARIMAMPIANINA – sous l’égide des chefs des églises du FFKM (Conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar) s’était tenu le 19 décembre dernier, en vue de la réconciliation nationale souhaitée par les Malgaches depuis des années. Une résolution de cette rencontre  stipulait clairement l’engagement du président actuel de libérer tous les prisonniers politiques avant la fin d’année, « et de se pencher en particulier sur le cas de Marc RAVALOMANANA qui dispose des affaires en justice ». 

 

Bien qu’aucune déclaration officielle n’explique ce « retour » de l’ancien président dans sa résidence, tout porte à croire qu’il s’agit là d’une mesure exceptionnelle prise par le président Hery RAJAONARIMAMPIANINA, dans l’esprit du « sommet des cinq présidents ». D’ailleurs, plusieurs jours avant , le ministre de l’Agriculture et du Développement Rolland RAVATOMANGA , chef de la mouvance RAVALOMANANA , multipliait les négociations auprès du Chef de l’Etat pour que l’ancien exilé d’Afrique du Sud puisse fêter Noël avec sa famille.

 

Pour le cas des prisonniers politiques, une grâce présidentielle a été décidée lors d’un conseil des ministres  le mercredi 24 décembre. Un communiqué de la Présidence de la République fait mention d’une première liste de cinq personnes :   le Général  de brigade Jean Heriniaina RAOELINA, les lieutenants Colonels Raymond RANDRIANJAFY et Charles ANDRIANASOAVINA, le sous-officier  SAORANY  et le pasteur Andriantiana RAZAKASOA. Ils  ont été impliqués dans des actes de déstabilisation du régime de la Transition comme les mutineries à la FIGN (force d’intervention de la gendarmerie), à la BANI (base aéronavale) et à la RFI (régiment des forces d’intervention) , sans oublier la tuerie du 07 février 2009, un épisode meurtrier ayant fait une trentaine de morts, quand la garde du président Marc RAVALOMANANA a tiré à balles réelles sur des manifestants non armés de l’opposition se dirigeant vers le Palais présidentiel d’Ambohitsorohitra. 

 

Comme l’ancien président et le général Jean Heriniaina RAOELINA font l’objet d’une condamnation sur cette affaire du 07 février, ceux qui se sont mobilisés dans le mouvement Orange contre Marc RAVALOMANANA en 2008-2009, ont dû mal à tolérer cette décision à leur égard. Un aspect qui peut troubler le lien déjà malsain entre Hery RAJAONARIMAMPIANINA et ANDRY RAJOELINA. De son côté, le lieutenant Colonel Charles ANDRIANASOAVINA se trouve toujours  dans l’île de La Réunion, après son bilan médical suite à son désaccord avec les anciens dirigeants de la Transition. D’autres officiers supérieurs, actuellement encore dans les prisons comme les colonels COUTITI, Laurent JADIFAR et Christian ANDRIAMIHAOTRA qui se sont rebellés contre Andry RAJOELINA pourraient être graciés dans les prochains jours. 

 

James RAMAROSAONA

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