Culture

À Abidjan, la JMCA 2026 appelle à faire de la culture un pilier du développement

Par Yaya Kanté25 janvier 2026

La 7è édition de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante (JMCA) a été célébrée le samedi 24 janvier 2026 à l’Ivoire Golf Club d’Abidjan, en partenariat avec l’UNESCO et l’Union africaine. Placée sous le thème « La culture africaine, moteur de paix, d’unité et de développement durable », la cérémonie a réuni autorités politiques, chefs traditionnels, représentants d’institutions internationales, acteurs culturels, ainsi que des membres de communautés ivoiriennes et étrangères vivant en Côte d’Ivoire. À cette occasion, les intervenants ont appelé à une promotion accrue de l’identité culturelle africaine comme levier de cohésion sociale et de développement.

L’hommage aux soutiens des JMCA

Le président de la JMCA Côte d’Ivoire, Alafé Wakili, a rendu hommage aux soutiens institutionnels de l’événement, notamment le Haut patronage du Premier ministre Robert Beugré Mambé, le patronage de Kandia Camara, présidente du Sénat, le parrainage d’Ibrahima Cissé Bacongo, ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, ainsi que la présidence de Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie.

Des représentants de la communauté Malinké lors de la JMCA 2026; © JMCA

Outre l’appui politique, la cérémonie a été marquée par une forte présence traditionnelle, notamment celle de Sa Majesté Togwi Akatsi II du Togo et de la reine-mère Wèrè-Wèrè Liking Gnépo, du village Ki-Yi. Alafé Wakili a également salué le soutien moral d’Ayité John Dossavi, président du RAPEC, organisation à l’origine de l’adoption de la Journée par l’UNESCO. « Notre activité bénéficie d’importantes attentions, qui nous donnent la force de continuer », a-t-il déclaré, avec une mention spéciale à Raymonde Goudou Coffie, ancienne ministre de la Culture.

La Culture, levier de cohésion sociale

Si cette édition s’est tenue à Abidjan, Alafé Wakili a rappelé le caractère itinérant de la Journée, dont la précédente célébration s’est déroulée à Daloa. « La culture africaine et afro-descendante n’est pas seulement l’affaire des populations d’Abidjan, mais celle de l’ensemble du territoire ivoirien. C’est pourquoi nous avons opté pour une manifestation itinérante », a-t-il expliqué.

Portant la voix de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Henri N’Koumo a insisté sur la dimension stratégique de la culture. « La culture n’est pas un simple ornement de nos sociétés, mais un levier stratégique de cohésion sociale, un outil de prévention des conflits et un vecteur puissant de développement durable. La culture africaine, par ses valeurs de solidarité, de dialogue intergénérationnel et de respect de la diversité, apporte des réponses endogènes et durables aux fractures contemporaines », a-t-il souligné.

Des chefs traditionnels présentslors de la JMCA 2026 à Abidjan. © JMCA

Une vision partagée par Édouard Makoto, ancien directeur général adjoint de l’UNESCO, pour qui la culture constitue une force majeure de paix et de développement. « L’Afrique porte des valeurs ancestrales puissantes : le dialogue, la solidarité, le respect de la vie et la cohésion communautaire. Ces valeurs sont des ressources immatérielles essentielles pour bâtir la paix et prévenir les conflits. Investir dans la culture, c’est investir dans l’éducation, la jeunesse, l’emploi, l’identité et la souveraineté culturelle », a-t-il affirmé.

Un levier de developpement économique

Koffi Benoît, représentant la présidente du Sénat Kandia Camara, a lancé un appel à la jeunesse africaine et afro-descendante en faveur de la valorisation de la culture. « Je voudrais, en son nom, exhorter la jeunesse africaine et afro-descendante à s’approprier la culture, à la valoriser, à la moderniser et à en faire un instrument de transformation sociale et économique. L’avenir de l’Afrique se construira aussi par la reconnaissance et l’affirmation de son identité culturelle », a-t-il plaidé.

Des représentants de la communauté togolaise vivant en Côte d’Ivoire, lors de la JMCA 2026. © JMCA

Il a également mis en avant la dimension économique de la culture. « La culture africaine est un levier économique majeur pour le développement du tourisme culturel et le positionnement de l’Afrique dans l’économie mondiale des industries culturelles et créatives. Elle crée de l’emploi, stimule l’économie créative, favorise l’innovation et contribue à l’autonomisation des jeunes et des femmes », a-t-il ajouté.

Appel aux jeunes et à la diapora

Pour Sa Majesté Togwi Akatsi Tekpé II du Togo, la culture africaine est bien plus qu’un héritage du passé. « Nous n’avons plus rien en dehors de notre culture. C’est la seule chose qui nous reste. Si nous la perdons, nous ne sommes plus rien. L’Afrique regorge d’un immense potentiel culturel que nous avons le devoir moral de préserver et de valoriser », a-t-il déclaré.

Des balafonniers en prestation, lors de la JMCA 2026 à Abidjan. © JMCA

Représentée par N’zé Stanislas, l’Union africaine a rappelé son engagement en faveur de la diaspora et de la question des réparations. « L’Union africaine œuvre inlassablement pour la défense et le rayonnement de la diaspora et des afro-descendants. En 2025, l’organisation a retenu pour thème : “Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine grâce aux réparations”. Nous lançons un appel solennel à la société civile et aux diasporas afin de soutenir cette exigence de justice », a-t-il indiqué.

La cérémonie a été ponctuée de prestations artistiques, notamment celles du Village Ki-Yi, d’un défilé de communautés ivoiriennes et de la CEDEAO, ainsi que par la participation de délégations venues du Cameroun, du Tchad et de la Centrafrique.

Yaya K

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