Société

‎Itinéraire : Sakouvogui Balla le comptable devenu coiffeur rêve toujours de fonction publique en Guinée

Par Dasse Claude10 juin 2015

SAKOUVOGUI Kessey Balla, 28 ans, est diplômé en économie. Cinq ans après la FAC, il n’a toujours pas décroché un emploi dans une entreprise . Pour éviter de ‘’quémander’’ et pour subvenir à ses besoins ‘’à temps’’, il a ouvert un salon de coiffure où il roule sa bosse. Aujourd’hui, il emploi deux personnes plus un stagiaire.

Issu d’une famille dont les moyens des parents sont limités, Balla ne veut pas rester toujours sous leur coupole. Enthousiasmé par ce métier, il exprime ses motivations : « Après mes études, je me suis dis, avant de trouver un emploi, il faut que j’ai un métier en main. Et j’ai été encouragé par un ami Nigérien qui est aussi diplômé. C’est ce qui m’a lancé dans la coiffure ».

Après l’université, Balla ne s’est pas seulement limité à faire la coiffure : « J’ai fait assez de stages. Mais pour le moment, ça n’a pas abouti. Je me suis dis, au lieu de continuer à courir derrière de longues démarches, je coiffe d’abord ».

Récemment, le gouvernement guinéen a annoncé le recrutement 2000 fonctionnaires dans divers services de l’administration publique. Le comptable ‘’chômeur’’ espère bien y trouver sa place : « …comme l’Etat veut recruter, c’est ce que j’attends. Ils n’ont qu’à à organiser le test pour savoir qui pourra être admis et qui ne le sera pas. Je fonde beaucoup mon espoir sur ce test de recrutement».

Même si tous les objectifs qu’il s’est fixé ne sont pas atteints, Balla s’arme du courage. Il entend bien continuer à exercer le métier de coiffeur jusqu’au moment où il aura un emploi plus lucratif : « Je fais la coiffure pour ne pas mendier et pour subvenir à mes besoins à temps. Lorsque j’aurais un emploi, je vais abandonner la coiffure ».

Contraintes !

Comme toute activité, ce travail aussi, ne se fait pas sans contraintes. Bien que les rapports entre coiffeur et clients sont souvent aux beaux fixes, Balla confie : « Avec certains clients, c’est difficile, parce que chacun vient avec sa mentalité. Je m’en sors, car il faut s’adapter à tout le monde. Par contre, avec d’autres clients, il n’y a pas de problèmes, et on se chamaille »

Autres difficultés, c’est le manque d’électricité dans la capitale. Pour trouver une solution à ce mal commun des guinéens, le ‘’chef’’ du salon a un générateur qu’il alimente en carburant quotidiennement. C’est ce qu’il utilise quand un client vient pour se faire couper les cheveux.

Dans le salon de coiffure chez Balla, on aperçoit des lames rasoirs, des tondeuses, des peignes, et plusieurs autres objets de coiffure. Très exiguë, au bord d’une ruelle dans la haute banlieue de Conakry, le salon ne peut accueillir que deux client à la fois. « Chacun à son tour chez le coiffeur », dit l’adage. Chez Balla, l’exception ne fait pas la règle. « Je reçois les gens seulement l’ordre d’arriver », dit-il. 

Dans ce salon, on coiffe des hommes et on lave la tête des couches féminines. Les prix, d’après le patron, varient selon le modèle de coiffure et les cheveux.
« Nous coiffons entre 3000 (0,30 euros) à 7000 francs guinéens, soit (0,70 euros) selon la nature de la coiffure », a précisé le prioritaire du salon.
Il n’y a pas de sot métier, car chacun y trouve son compte.

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