Afrique

Industries extractives en Afrique : les pratiques peu respectueuses de l’environnement des entreprises chinoises

Par Yaya Kanté24 novembre 2025

Les entreprises extractives chinoises présentes en Afrique sont pointées du doigt pour des pratiques peu respectueuses de l’environnement, des pratiques polluantes mettant en péril l’écosystème et la santé des populations.

Les entreprises extractives chinoises présentes en Afrique sont épinglées sur leurs pratiques peu respectueuses de l’environnement et des normes éthiques.

Au lendemain de la COP 30 qui s’est tenue à Belém au Brésil du 10 au 22 novembre 2025, les entreprises extractives chinoises présentes en Afrique sont épinglées sur leurs pratiques peu respectueuses de l’environnement et des normes éthiques. Selon des médias, citant des rapports universitaires ou associatifs, ces entreprises adoptent des pratiques dangereuses voire illégales en l’absence de normes internationales contraignantes, mettant en péril la flore, la faune ainsi que la santé des populations riveraines des sites d’exploitation.

Les pratiques polluantes des entreprises chinoises

Des entreprises chinoises sont régulièrement pointées du doigt pour leurs pratiques peu respectueuses de l’environnement. Ces méthodes incluent : le défaut ou l’absence d’études d’impact environnemental, la mauvaise gestion des déchets miniers, les rejets toxiques dans les cours d’eau, l’absence de dialogue avec les communautés locales, ou encore le manque de transparence sur les données environnementales.

Ces procédés entraînent des conséquences graves notamment des pollutions des cours d’eau, la mort de la faune aquatique, l’appauvrissement des sols et de graves problèmes de santé (cancers, malformations congénitales ou troubles dermatologiques).

Plusieurs cas récents illustrent l’ampleur du phénomène. Selon projetafriquechine.com, la rupture d’un bassin de rétention sur un site de Sino-Metals Leach, en Zambie, a entraîné le déversement de déchets toxiques 20 fois supérieur aux déclarations de l’entreprise dans l’eau du fleuve Kafwé. Et dw.com souligne l’utilisation intensive de mercure par des sociétés aurifères chinoises sur les sites de Bétaré Oya et Batouri, au Cameroun, exposant les populations à des risques avérés.

La responsabilité du gouvernement chinois

Le rôle du gouvernement chinois est mis en lumière, face à ces dérives. Bien qu’une nouvelle réglementation, intitulée « Normes de divulgation sur la durabilité des entreprises », ait été adoptée en 2025 pour encadrer les pratiques environnementales, aucune sanction n’est prévue en cas de non-respect et les contrôles restent rares.

D’autres mécanismes existent : le renforcement des évaluations environnementales préalables aux investissements, la suspension des financements publics pour les projets manifestement polluants. Les entreprises pourraient également respecter les cartographies de zones sensibles, mettre en place des systèmes de gestion responsable des déchets et rejets, ou restaurer les zones dégradées par leurs activités.

La mobilisation des ONG et de la société civile

Face au vide réglementaire international et à la passivité de la Chine, des ONG se mobilisent. Entre 2021 et 2022, l’ONG Business & Human Rights Resource Centre a recensé 102 cas d’allégations de violations des droits humains et environnementaux impliquant 39 entreprises minières chinoises en Afrique, rapporte africanews.com.

En RDC, le mouvement citoyen FILIMBI et le réseau RIAO-RDC ont obtenu l’arrêt immédiat des activités illégales de la société Xiang Jiang Mining et des indemnisations après la pollution de la rivière Arwimi. Une cinquantaine de fermiers, en Zambie, ont porté plainte contre Sino-Metals Leach, réclamant 220 millions de dollars pour dépollution, études sanitaires et relogement, indique le confrère.

Les réponses des gouvernements africains

projetafriquechine.com rapporte qu’2025, Kinshasa a suspendu les activités de Congo Dongfang Mining à Lubumbashi après le débordement d’un bassin de rejet polluant plusieurs quartiers. Le site indique que Niger a procédé à la fermeture temporaire, en 2024, d’au moins 4 sites aurifères chinois après l’empoisonnement d’animaux aux abords des sites exploités par des entreprises chinoises.

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Le Tchad a condamné le géant CNPC, en 2014, à verser 400 millions de dollars de réparations pour pollutions pétrolières répétées, souligne agenceecofin.com.
Au lendemain de la COP 30, les pratiques polluantes des entreprises extractives chinoises en Afrique révèlent un décalage entre les discours environnementaux et la réalité du terrain.

Face à cette situation, la société civile et plusieurs gouvernements africains montrent qu’une régulation plus ferme est possible, mais leurs actions restent limitées sans un engagement réel de Pékin à faire respecter des normes strictes à ses sociétés sur le continent.

Yaya K

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