Depuis l’inculpation de l’ex-chef de la junte militaire Moussa Dadis Camara le 8 juillet à Ougadougou par le pool de juges guinéens, le ministre de la justice, garde des sceaux, Me Cheik Sako n’avait pas fait de déclaration autour du sujet.
Vendredi soir, sur la radio nationale du pays, il a dit : « Je tiens à dire la vérité entre l’audition de Moussa Dadis Camara, sa candidature à l’élection présidentielle, et sa rencontre avec le chef de file de l’opposition républicaine qui s’est passée à Ougadougou. Contrairement à ce qui était dit par certaines presses ou certains hommes politiques, je tiens à expliquer devant tout le pays, qu’il n’y a aucune causalité.
Cette commission rogatoire qui était prévue depuis le mois de janvier , n’a pas pu être exécutée pour la simple raison que quand on va dans un pays étranger, il faut attendre l’autorisation de ce pays pour se déplacer. Les magistrats Burkinabé (…… ) ont dit qu’ils ne pouvaient pas exécuter cette commission rogatoire. Malgré plusieurs relances depuis janvier, on a estimé nécessaire à ce que les magistrats (guinéens) se déplacent avec le procureur de la République, à Ouagadougou pour auditionner jusqu’au fond M. Moussa Dadis Camara; ce qui a abouti à son inculpation.
Ça mérite d’être dit de façon claire malgré les contre-informations, malgré ce qui a été dit par ci par là. Il faudrait qu’on apprenne à distinguer chez nous ce qui est judiciaire -stricto sensu- et ce qui est politique.
Ce sont deux choses différentes. Je ne vais pas sur le terrain politique, je reste sur le terrain judiciaire. On a cette procédure qui est assez lourde, une procédure criminelle ; c’est des crimes de masse. La Guinée a une responsabilité devant le monde, devant l’humanité à résoudre cette question jusqu’au bout. De grâce, il faudrait que les gens extirpent cette procédure de la question politique, évitent les amalgames ».
Transcris par Aliou BM Diallo, à Conakry