Rien ne va entre la Présidente de la haute autorité de la communication -HAC- et les commissaires de cet organe en charge de régulation des médias en Guinée. Les neufs membres de l’institution accusent Martine Condé d’une gestion opaque des ressources financières allouées à l’organe.
Les conditions de vie des commissaires à la HAC sont exécrables, selon un des concernés joint par Afrikipresse.fr. Pendant ce temps, accuse la source ayant requit l’anonymat, « madame Martine se beurre dans le budget du défunt conseil national de la communication (CNC) qui se chiffre à un milliard 500 millions GNF tous les trois mois, plus les 3 milliards de la subvention. Ce qui revient à 9 milliards GNF gérés chaque an par la présidente de la HAC. Et elle ne distribue à chaque commissaire que 8 millions tous les trois mois ».
Interpellée par un confrère de la place, l’accusée a réfuté les dénonciations portées à son encontre. « C’est une cabale montée contre moi », a-t-elle réagi affirmant qu’elle sait d’où ça vient. Dame Martine affirme qu’il n’est pas normal que des commissaires de la HAC diffusent des informations d’une plénière. « Ce n’est pas seulement notre institution qui a des soucis. (…) Ce que je leur donne (commissaires, ndlr), je le prends dans la dotation carburant de l’institution. Ce n’est pas prévu dans le budget », s’est-elle défendue.
Ce n’est pas tout ! Lundi 21 décembre 2015, la Présidente a pris une décision ”unilatérale” suspendant jusqu’à nouvel ordre « la délivrance des agréments, autorisations et licences aux radios, télévisions et aux distributeurs d’images TV ».
Cette décision n’a été justifiée par aucun motif. Mme Condé indique seulement « qu’un communiqué fixera la reprise de cette activité».
Il n’en fallait pas assez pour provoquer l’ire des commissaires de la HAC qui ont répliqué par un autre communiqué ce mardi, opposant leur total désapprobation à leur mentor. Ils informent que la décision de Martine « n’a fait l’objet d’aucune consultation ».
Évoquant l’article 15 portant organisation, attributions et fonctionnement de la HAC, les commissaires frondeurs affirment : « la HAC ne peut délibérer que si au moins 7 de ses membres sont présents. Elle délibère la majorité des membres présents… »
L’article 19 du règlement intérieur de la HAC stipule:« l’assemblée plénière est l’instance de décision, à laquelle le présence au moins des sept commissaires est requise ».
Or, le collège affirme qu’il n’a jamais été mis au courant dudit communiqué diffusé par dame Martine Condé.
En conséquence, le collège des commissaires considère que « le communiqué unilatéralement fait, est nul et de nul effet, et n’engage que sa signataire ».
Aliou BM Diallo