La fédération internationale des droits de l’homme –FIDH-, l’organisation guinéenne de défense des droits humains –OGDH- et l’ONG mêmes droits pour tous –MDT- ont exprimé leur préoccupation sur la tension persistante en Guinée, après le premier tour du scrutin présidentiel.
En vue d’une éventuelle contestation des résultats, ces organismes, dans une déclaration conjointe ce vendredi 16 octobre 2015, ont appelé l’ensemble des acteurs politiques à la retenue et les engage à privilégier toutes les voies légales disponibles pour faire valoir leur revendications.
« Les contestations relatives à l’intégrité du scrutin et à la validité des résultats, quels qu’ils soient, doivent être portées devant la Cour constitutionnelle, seule habilitée à trancher les différends électoraux. Les porter dans la rue ajouterait aux tensions actuelles le risque de nouvelles violences et ne servirait pas l’esprit démocratique auquel l’ensemble de la classe politique a rappelé son attachement en allant voter dimanche dernier », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la FIDH.
Ces ong de défense des droits de l’homme estiment que les conditions précaires dans lesquelles cette élection a été organisée appellent au plus vite des réformes techniques, recommandées par les différentes missions d’observation électorale depuis 2010.
Pour elles, il est indispensable, en vue des élections locales et législatives à venir, de consolider le cadre institutionnel et normatif afin de renforcer la confiance des guinéens dans les institutions de l’État et de limiter le contentieux électoral.
« Les tensions qui sous-tendent le débat politique guinéen sont particulièrement préoccupantes et menacent d’éclater si les institutions étatiques ne sont pas renforcées. La justice, les forces de sécurité et l’administration doivent pouvoir être perçues par l’ensemble des citoyens guinéens comme neutres, apolitiques et indifférentes aux clivages communautaires. Ce devra être la priorité du prochain gouvernement », a interpelé Me Drissa Traoré, vice-président de la FIDH.
Le porte-parole de l’OGDH a affirme que la violence des débats qui entourent cette élection, qu’elle soit latente ou assumée, souligne avec force la nécessité, pour le prochain gouvernement, d’engager véritablement le processus de réconciliation nationale.
« La réconciliation des citoyens entre eux et l’apport de garanties pour restaurer leur confiance vis à vis de l’État, laquelle passe par la poursuite d’une réforme en profondeur des institutions, sont les conditions de la préservation de la paix en Guinée », a ajouté Abdoul Gadiry Diallo, porte-parole de l’OGDH, en conférence de presse à Conakry.
Aliou BM Diallo