Société

Guinée: interdiction par la HAC d’utilisation de certains genres journalistiques, la presse indignée

Par Dasse Claude4 juin 2015

La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a pris une décision N°008/SC/P/ en date 3 juin 2015, interdisant aux journalistes des médias publics et privés, d’utiliser certains genres journalistes à la veille de l’ouverture de la campagne officielle pour l’élection présidentielle du 11 octobre 2015. Les membres de la HAC motivent cette décision qualifiée par l’ensemble de la presse guinéenne, comme une ‘’atteinte grave à la liberté de la presse et d’expression’’.

L’institution républicaine en charge de réguler les médias, stipule en son article 3 de la décision, que les organes de presse tant du service public que du secteur privé doivent, notamment en cette période, « privilégier la couverture factuelle de l’actualité relative à l’élection présidentielle d’octobre 2015; s’abstenir de l’usage des genres d’opinions tels l’éditorial, le commentaire, la chronique, le billet; s’interdire la diffusion d’informations, de chansons, jeux, spots, communiqués, proverbes, caricatures et récits satiriques qui sont de nature à inciter à la haine religieuse, tribale ou raciale ou à mettre en péril la cohésion nationale et l’ordre public; s’interdire, en ce qui concerne la revue de presse en quelque langue que ce soit… »

À cet égard, note-t-on, ils sont tenus de respecter les textes législatifs et réglementaires régissant la profession ainsi que le code d’éthique et de déontologie de la presse guinéenne.

Quelques heures après cette décision, des membres de trois grandes associations de la presse en Guinée, se sont insurgés, qualifiant l’acte ‘’d’une tentative de musellement de la presse’’.

L’union des radios et télévisions de Guinée (URTELGUI), l’association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante (AGEPI) et l’association de la presse en ligne (AGUIPEL) disent avoir ont pris connaissance, par voie de presse et avec « une grande préoccupation la décision ».
Les trois associations marquent leur ‘’étonnement face à la période visée par ladite décision’’.
Toutefois, elles attirent l’attention de la HAC, sur la loi 003 portant sur la HAC, qui stipule que seuls les articles 5 alinéa 4, et les articles 41, 42 fixent les conditions d’accès des partis politiques aux médias publics et les attributions de la Haute Autorité de la Communication uniquement pendant la campagne électorale.

Sur l’interdiction d’utilisation de certains genres journalistiques, les trois associations constatent « des violations graves de la liberté de la presse consacrée par la Constitution et la loi organique sur la liberté de la presse, et contraires à la pratique du journalisme ».
Elles condamnent vigoureusement et sans réserve cette « tentative de musellement de la presse guinéenne par la Haute Autorité de la Communication ».
Les trois associations qui prennent l’opinion nationale et internationale à témoin, préviennent qu’elles « n’accepteront aucun recul de la liberté de la presse, chèrement acquise ».

Un autre communiqué diffusé jeudi soir par la HAC, invite les directeurs des médias de services public et privé, les journalistes de la presse internationale accrédités dans le pays, à une réunion, lundi 8 juin, à son siège , échanger sur cette décision.

Aliou BM Diallo, à Conakry

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires