Quarante huit heures avant sa prestation de serment pour un second mandat présidentiel, l’organisation internationale de défense des droits humains, Human Rights Watch, interpelle Alpha Condé sur les questions relatives à l’impunité, aux faiblesses du système judiciaire et aux tensions ethniques, qui devraient être traitées en priorité, selon HRW.
A l’issue de la dernière présidentielle, considérée ‘’libre et équitable’’ par les observateurs internationaux, mais marquée par de ‘’graves problèmes logistiques’’, Alpha Condé a été réélu.
Des violences ethniques et politiques ont entaché la campagne électorale et causé la mort de plusieurs personnes, dont certaines par les forces de sécurité, ainsi que des dommages matériels importants. Les violences ont aggravé les tensions ethniques entre les Malinkés, dont la majorité soutenait Condé, et les Peuls, qui soutenaient surtout l’opposition.
Pour mettre fin à cette injustice, la Directrice de recherches sur l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch recommande au Président guinéen au cours de son second mandat, de « redoubler d’efforts pour combattre l’impunité et renforcer les institutions qui soutiennent l’État de droit et le développement. » « Le Président Condé a pris certaines mesures pour rompre le cycle douloureux de violence et d’exactions en Guinée, mais il reste encore un long chemin à parcourir », a fait savoir Corinne Dufka.
Dans un communiqué publié samedi 12 décembre 2015, l’ONG rappelle que pendant le premier mandat de Condé, son gouvernement a réalisé des progrès lents mais significatifs. Ces avancées concernent l’obligation de rendre des comptes pour les violations des droits humains commises par les forces de sécurité, en particulier dans le cas de l’enquête sur le massacre et les viols perpétrés en 2009 dans un stade de Conakry contre des manifestants non armés.
Quatorze hommes, notamment l’ex-dirigeant du coup d’État à l’époque, Moussa Dadis Camara, ainsi que d’autres membres des forces de sécurité, ont été inculpés. Les autorités ont également ouvert des enquêtes sur d’autres exactions graves comme le massacre en 2007 d’environ 130 manifestants lors des grèves au niveau national. En dépit de ce progrès récent dans les enquêtes, aucun membre des forces de sécurité n’a été inculpé à ce jour pour un crime constituant une violation grave des droits humains, déplore HRW.
Aliou BM Diallo