Afrique

Guinée : des étudiants en désaccord avec Alpha Condé

Par Dasse Claude25 juillet 2015

Alpha Condé n’a pas échappé à une inquiétude ‘’fondamentale’’ de la plupart des étudiants mobilisés samedi dans une Université de Conakry. Cinq ans après son accession au pouvoir, pourquoi avoir attendu trois mois avant la présidentielle pour venir à la rencontre des étudiants ?

Pour se dédouaner, le chef de l’Etat, Alpha Condé explique qu’il n’a pas été invité par les étudiants. « En ma connaissance, les étudiants ne m’ont jamais demandé de venir les rencontrer. Est-ce que vous m’avez dit ? Si votre recteur dit qu’on avait eu l’intention, mais l’intention c’est une chose. L’intention reste l’intention. Si je viens, on va dire que je viens pour faire la propagande. Est-ce que vous m’avez invité ? Vous ne m’avez pas invité », a-t-il dit.

Cette réponse n’a pas été satisfaisante pour bon nombre. « Si c’est vrai ce qu’il dit, qu’il dédie son mandat aux femmes et aux jeunes, il n’allait pas attendre qu’il soit invité pour demander à nous rencontrer », a réagi l’un d’eux, visiblement mécontent.

Mohamed Diawara, étudiant de la faculté des sciences juridiques et politiques, L2 est catégorique : « L’arrivée du Président, pour moi c’est une opération de séduction. Mais c’est aussi une manière d’attirer l’attention des étudiants allant dans le sens de l’élection. Ça veut dire, il veut acquérir l’électorat au sein des universités. Cette façon de faire est vraiment une politique électorale ». 

Un autre, Adama Karamo Koné-étudiant , ne veut pas parler de la politique. Pour lui, il faut que les étudiants acceptent de changer leur méthode d’analyser les choses.

« Avec cet échange, nous avons compris que c’est un président qui est prêt à accompagner la jeunesse mais aussi le système éducatif guinéen. Il nous a promis qu’il apportera son grain de sel pour que le système éducatif change. C’est une chose que nous souhaitions de sa part. De notre côté, il faut qu’on accepte de redoubler d’effort pour changer de mentalité. Et le changement de mentalité, c’est un travail individuel avant d’être un travail collectif. Avant que l’État nous vient en aide, acceptons de changer aussi », a-t-il prodigué.

Aliou BM Diallo, à Conakry

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