Afrique

Guinée : après l’arrêt de la Cour Constitutionnelle, un adversaire de Condé menace de saisir la Cedeao

Par Dasse Claude2 novembre 2015

Quatre jours après l’arrêt de la Cour Constitutionnelle sur les résultats définitifs du scrutin présidentiel du 11 octobre, déclarant le Président sortant, Alpha Condé vainqueur dès le premier tour, l’un de ses adversaires, candidat malheureux, n’est pas satisfait de la sentence.

Lansana Faya Millimouno, leader du parti, le Bloc Libéral –BL a dit sa déception sur l’arrêt rendu le 31 octobre par la Haute institution judiciaire de la Guinée.

« En écoutant la décision de la cour constitutionnelle, mon cœur a saigné! Je suis très triste pour ma chère patrie la Guinée, car c’est encore un autre rendez-vous raté avec notre histoire et avec la démocratie. J’avais fondé beaucoup d’espoir sur cette Cour, car l’enjeu était de taille et les faits étaient clairs. Il s’agissait de mettre la cour à l’épreuve et face à sa conscience pour que le droit soit dit et que la démocratie prospère dans notre pays », a déclaré le numéro un du BL, arrivé 4ème à ce scrutin.

En conférence de presse le mardi 3 novembre 2015 à Conakry, M. Milimouno a tout de même félicité le déclaré vainqueur tout en prévenant qu’il ne s’arrêtera pas là.

« La Cour a manqué à son devoir de dire le droit. Fidèles a nos convictions républicaines, nous prenons acte de l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle et nous félicitons le déclaré vainqueur, mais, cependant, nous maintenons notre refus de reconnaître les résultats de cette mascarade. (…)  Avec nos avocats, nous sommes en train d’explorer la possibilité de recourir à la Cour de Justice de la CEDEAO. Dès qu’une décision finale sera prise sur la question, nous vous le ferons savoir », a-t-il dit.

Même si la loi stipule que l’arrêt rendu par la Cour Constitutionnelle reste sans appel et ne mériterait pas de commentaire, le candidat malheureux reste catégorique sur sa position.

« En analysant le contenu de l’arrêt, on peut aisément relever certaines défaillances de jugement. Prenons la contradiction apportée par le BL en termes de différence de chiffre. En effet, la Cour reconnaît une différence de 20 voix et déclare que cela est mineur et n’a pas d’incidence. Cependant, la Cour fait sciemment d’ignorer qu’une différence d’une seule et unique voix peut ou pas élire un président de la République à plus forte raisons 20 voix », fait savoir M. Milimouno qui accuse la « Cour d’avoir fait quelque chose de plus grave ».

En effet, soupire-t-il, relativement au vote sans enveloppe, « la cour se fourvoie ». Son arrêt est inique et unique en la matière dans la mesure où l’article 67 qui sert de base juridique à sa décision a déjà fait l’objet de modification en 2013. L’article 81 qui est en vigueur sur la question n’a pas été mentionné par l’arrêt en cause. Pourtant, cet article dispose clairement que “sont considérés comme votes nuls l’enveloppe sans le bulletin et le bulletin sans enveloppe.”

Aliou BM Diallo

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