L’agriculture constitue un secteur vital de l’économie d’un pays. En Guinée, plus de 60% de la population vit de l’agronomie, selon un responsable de l’Ambassade des Etats-Unis à Conakry. Mais, seulement 4% de la couverture médiatique est consacré à ce secteur.
C’est pour inverser cette tendance et amener les journalistes guinéens à cerner le domaine qu’une formation a été initiée à leur endroit. L’initiative est de l’association médias et agriculture pour le développement rural (AMEDAR) avec l’appui de l’ambassade des Etats-Unis en Guinée, sous le thème : « agriculture et développement ».
De nos jours, l’agriculture constitue 34% du produit intérieur brut –PIB- de l’Afrique subsaharienne, 40% d’exportation et 70% d’emploi, révèle une étude réalisée par une ONG. Malheureusement, « la couverture médiatique est insuffisante », a déploré le Dr Bangaly Camara, directeur de l’institut supérieur de l’information et de la communication de Kountia –ISIC-.
Selon lui, 70% des sujets agricoles contiennent des discours d’experts, 20% de témoignages, de réflexions des agriculteurs et des ruraux. « Les journalistes ne parlent de l’agriculture que quand ils se déplacent avec le Président, les ministres ou les ONG. Ils quittent rarement les capitales pour aller s’imprégner des réalités que vivent les paysans sur le terrain», a reproché le formateur. Conséquences : « les articles sont souvent biaisés », parce que, souligne-t-il, les journalistes ne sont pas spécialisés dans le domaine agricole, donc le traitement reste « superficiel ».
Le manque de formation « spécifique » à l’école de journalisme explique en grande partie cette imperfection, affirme le Dr Camara, qui préconise la pérennisation de ce genre de formation pour les journalistes sur une durée de 2 à 4 ans.
David Kerkeski, responsable de la section culturelle de l’ambassade des Etats-Unis, informe que l’économie de la Guinée est essentiellement basée sur l’agriculture, dont 60% des ressources vitales du guinéen proviennent de ce secteur. Le guinéen doit avoir donc l’information précise sur le domaine agricole grâce à la presse, parce que, fait-il remarquer, « si les gens n’ont pas les meilleures informations, ils ne pourront pas prendre les bonnes décisions pour leur business ».
Thierno Mamadou Diallo, président de l’Amedar a supplié les professionnels de médias de s’intéresser à l’agriculture, à l’alimentation et à l’environnement, « tous indispensables pour le développement d’un pays ».
Aliou BM Diallo