Le 7 et 8 avril 2025, un groupe d’enseignants mené par Bli Blé David a décidé de reconduire une grève qui risque de secouer le secteur de l’éducation en Côte d’Ivoire. Bien que la revendication d’une prime d’incitation de 440 milliards FCFA par an reste au centre de ce mouvement, une analyse plus profonde révèle des enjeux personnels et politiques. Bli Blé David, à la tête de ce combat, semble mener une lutte qui dépasse largement les simples conditions salariales des enseignants. Au cœur de cette crise, se cache une intrigue qui pourrait avoir des conséquences bien plus graves pour la stabilité politique du pays.
Un combat syndical aux enjeux personnels
Le 3 et 4 avril 2025, la grève des enseignants a pris de l’ampleur, avec Bli Blé David en figure de proue. Cependant, malgré plusieurs tentatives de dialogue, le gouvernement n’a pas répondu favorablement aux revendications des syndicats. Leurs demandes, qui incluent une prime de 440 milliards FCFA par an, témoignent d’un mécontentement qui dure depuis plusieurs mois. Pour comprendre ce qui pousse Bli Blé David à persister dans cette grève, il faut remonter à ses précédentes déclarations et son engagement dans des missions qui vont au-delà de son rôle de syndicaliste. En effet, plusieurs rapports font état de son implication dans des actions politiques en dehors du cadre de l’éducation, notamment en lien avec des puissances étrangères, ce qui ajoute une dimension internationale à cette crise.
Lors d’une réunion à Yamoussoukro en novembre 2024, Bli Blé David avait déjà évoqué son rôle d’instigateur d’un mouvement plus large, lié à des forces extérieures. Dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux, il affirmait être en mission pour « l’international de l’éducation », visant à rendre la profession enseignante plus attrayante, et précisant que la Côte d’Ivoire serait le porte-flambeau de ce combat en Afrique. Ses propos, jugés inquiétants par certains observateurs, semblent indiquer une instrumentalisation de la lutte syndicale pour des objectifs personnels et politiques, dans un contexte où les élections présidentielles de 2025 se profilent.
Les enjeux politiques derrière la grève
Derrière cette grève des enseignants se cache une question plus vaste : pourquoi Bli Blé David insiste-t-il autant sur une prime de 440 milliards FCFA, sachant que cette somme représente une charge financière colossale pour l’État ? Si la question du financement est mise de côté, il est essentiel de comprendre ce qui pousse un syndicaliste, dont la mission principale est de défendre les droits des enseignants, à persister dans une telle démarche.
En réalité, l’histoire de Bli Blé David ne se résume pas uniquement à ses revendications salariales. À l’âge de la retraite, il a en effet été confronté à un refus de promotion après avoir tenté de passer un concours dans l’espoir d’obtenir un grade supérieur, et par conséquent, une retraite plus avantageuse. C’est face à ce rejet que Bli Blé David aurait décidé de mener une vendetta contre le gouvernement, en transformant sa lutte syndicale en une arme politique.
Un deal mal ficelé : la quête de rétribution personnelle
Il semble que le conflit ne soit plus seulement lié aux conditions de travail des enseignants, mais aussi à un règlement de comptes personnel de Bli Blé David. Selon des sources proches de l’administration, ce dernier aurait demandé à la ministre de la Fonction publique, Anne Ouloto, de lui accorder la promotion espérée, en échange de l’abandon de son mouvement syndical. Son échec à obtenir cette faveur aurait alors déclenché sa détermination à continuer la grève, avec l’objectif de déstabiliser le gouvernement et d’obtenir une forme de rétribution personnelle. Ce jeu d’influence, mal ficelé, mêle des intérêts personnels à des enjeux politiques plus larges.
Un combat qui divise la Côte d’Ivoire
La grève des enseignants menée par Bli Blé David, au-delà de son impact sur le secteur de l’éducation, met en lumière une division profonde dans la société ivoirienne. Si les revendications des enseignants méritent d’être entendues, la façon dont cette lutte est menée soulève des questions sur l’intégrité des motivations de certains leaders syndicaux. Alors que le pays se prépare à des élections cruciales en 2025, il est plus que jamais nécessaire que le gouvernement et les acteurs de la société civile œuvrent à restaurer la paix sociale, en veillant à ce que les revendications légitimes des travailleurs ne soient pas manipulées à des fins personnelles et politiques.
Philippe Kouhon