L’entrepreneuriat féminin est aujourd’hui reconnu comme un levier majeur de développement en Afrique. En Côte d’Ivoire, cette réalité est particulièrement visible. Des milliers de femmes créent des activités génératrices de revenus, souvent à petite échelle, mais essentielles pour la stabilité économique des ménages et des communautés.
Ces initiatives se concentrent principalement dans les secteurs du commerce, de l’agriculture et de la transformation locale. Elles répondent à des besoins réels et structurants: alimentation, services de proximité, circuits courts. Pourtant, malgré leur importance sociale et économique, ces entreprises restent fragiles.
L’un des principaux défis réside dans l’informalité. Si elle permet une entrée rapide dans l’activité économique, elle limite fortement l’accès aux financements, aux assurances, aux marchés publics et aux partenariats régionaux. Cette situation empêche les femmes entrepreneures de pleinement bénéficier des opportunités offertes par l’intégration économique ouest-africaine.
Les dispositifs de financement dédiés aux femmes constituent une avancée notable. Toutefois, leur impact reste limité lorsqu’ils ne sont pas accompagnés de formations en gestion, en comptabilité et en structuration d’entreprise. Le crédit seul ne suffit pas à assurer la pérennité d’une activité.
Le numérique apparaît comme un accélérateur potentiel. En facilitant l’accès aux marchés, à l’information et aux paiements, il réduit certaines barrières traditionnelles. Mais là encore, l’écart entre accès à l’outil et maîtrise réelle demeure important, notamment en zone rurale.
Enfin, les normes sociales continuent de peser sur les trajectoires entrepreneuriales féminines. La conciliation entre vie familiale et activité économique reste un défi majeur, souvent ignoré dans les politiques publiques.
Faire de l’entrepreneuriat féminin un véritable moteur de développement nécessite une approche globale: financement adapté, accompagnement de long terme, reconnaissance sociale et intégration dans les stratégies économiques nationales et régionales. À ce prix seulement, les initiatives individuelles pourront se transformer en un levier collectif de croissance inclusive et durable.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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