La Confédération syndicale internationale Afrique (CSI-Afrique) a organisé une marche à Grand-Bassam, le vendredi 28 février 2025, pour exprimer sa colère face à la crise de l’endettement. Réunis autour de Soro Mamadou, secrétaire général de la CSI-Afrique, des syndicalistes venus de divers pays du continent ont pris part à cette manifestation. La marche a débuté au carrefour Moossou et s’est achevée à la préfecture de Grand-Bassam.
Munis de banderoles, pancartes, casquettes, T-shirts et autres supports sur lesquels étaient inscrits « Plus de dette, plus d’impôts, plus d’inégalités », « L’Afrique a besoin d’investissements, pas de prêts abusifs », « Le système financier mondial est truqué contre l’Afrique », les syndicalistes ont effectué une marche citoyenne et pacifique d’environ 5 kilomètres, se terminant dans la cour de la préfecture de Grand-Bassam.
En présence des autorités coutumières, traditionnelles et administratives, Soro Mamadou s’est félicité de cette marche contre l’endettement des pays africains. Il a profité de l’occasion pour remettre une copie des résolutions prises durant les travaux effectués du 24 au 28 février avec 41 pays africains et 11 pays européens, américains et asiatiques.
Le secrétaire général a indiqué que la crise de la dette en Afrique a atteint des proportions alarmantes, compromettant le progrès social et économique sur tout le continent. Selon lui, de nombreux gouvernements africains, dont celui de la Côte d’Ivoire, ont eu recours à des emprunts excessifs pour financer le développement, les infrastructures et les services publics.
Cependant, le fardeau du service de la dette, souvent imposé par les conditions strictes des bailleurs de fonds internationaux comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, a coûté très cher aux citoyens africains, en particulier à la classe ouvrière et aux pauvres. Il a également souligné qu’en 2023, la dette publique ivoirienne s’élevait à 55,8 % du PIB, un niveau dangereusement proche du seuil de 60 % recommandé par le programme de coopération monétaire africaine (PCMA).
En réponse à cette crise croissante, l’Organisation régionale africaine de la confédération syndicale internationale-Afrique (CSI-Afrique) et ses affiliés de tout le continent, aux côtés des syndicats de Côte d’Ivoire, ont organisé ce rassemblement de masse à Grand-Bassam pour protester contre le fardeau insoutenable de la dette africaine. La campagne a visé à mettre en lumière les structures économiques injustes qui maintiennent les nations africaines dans un endettement perpétuel et à promouvoir des solutions alternatives qui favoriseraient le développement durable et la justice sociale.
L’une des conséquences les plus pressantes de la crise, outre la baisse des salaires, a été la privatisation des services essentiels. Un avenir économique juste et durable pour l’Afrique devrait inclure la reconnaissance et l’investissement dans la reproduction sociale. Le renforcement des services publics, l’élargissement de l’accès au crédit abordable et la mise en œuvre de politiques visant à atténuer la précarité financière auraient permis de créer une société dans laquelle le bien-être, et non la dette, déterminera l’avenir de l’Afrique.
Olivier Dion avec Gérard Batoua