Société

Des étudiants ivoiriens sous le choc après l’intervention de la police, National Kennedy accuse

Par Charles Kouassi13 septembre 2017

La Police nationale a effectué une opération , le mercredi 13 septembre 2017, dans les trois principales citées universitaires de la commune de Cocody (Campus de l’Université FHB de Cocody, la Cité rouge et Cité Mermoz). Une opération au cours de laquelle plusieurs arrestations et blessés ont été enregistrés dans les rangs des étudiants, comme constaté sur place par Afrikipresse.

Selon des informations recueillies auprès des étudiants résidants à la cité Rouge (Cocody Saint Jean), c’est autour de 9h que les premiers tirs de gaz lacrymogènes ont retentis. « J’étais couché dans ma chambre quand j’ai entendu les premiers tirs. Avant ça, j’avais entendu des étudiants chanter dans la cours de la cité. Mais, lorsque les tirs ont débuté, c’était la débandade. Les policiers sont entrés dans la cité, et ont commencé à tirer dans tous les sens. Difficile en ce moment-là de savoir s’il s’agissait de tirs de balles ou de gaz lacrymogènes. Tellement ils étaient nourris et assourdissants. C’était effroyable», a confié Doumbia A. étudiant en master 2 des Sciences économiques de gestion, et résidant la cité rouge. Au rez-de-chaussée de l’un des bâtiments, des portes de chambres d’étudiant ont été défoncées. Selon l’occupant , des policiers ont fracassé les portes de ces chambre et  emporté des appareils appartenant aux étudiants.

Guédé S. doctorant en Criminologie dit s’être fait prendre son téléphone portable, alors que sa voisine a vu son ordinateur portable arraché par des policiers qui ont forcé la porte de sa chambre à l’aide d’un pilon : « C’est inadmissible que des policiers se comportent ainsi. Je ne suis pas un membre de la Fecsi. J’étais en train de rédiger mon mémoire, enfermé dans ma chambre, quand tout a commencé. Quelques temps après , j’ai entendu des bruits dans le couloir et ensuite un grand coup contre ma porte. C’était des policiers. L’un d’eux m’a demandé de lui remettre ce que j’ai. Vu qu’il était très menaçant, je lui ai remis mon smartphone. Voyez comment ma porte est détruite ». Des cartouches vides de grenades lacrymogènes jonchaient encore la cour de cité lorsque nous arrivions sur place.

Le décor était le même à la cité Mermoz. Là-bas, aucun étudiant n’a voulu dire mot. Joint par téléphone, National Kénnédy, le Secrétaire nationale à la communication de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), a laissé  entendre que cette descente de la police était en relation avec le mot d’ordre lancé le jeudi 7 septembre 2017 par le Secrétaire Général national dudit mouvement, Assi Fulgence Assi. Un mot d’ordre dans lequel il annonçait des actions à partir du lundi 11 septembre 2017, pour mettre un terme aux frais supplémentaires et non officiels exigés par la plupart des chefs d’établissement scolaires publique du pays, lors des inscriptions physiques.  Selon lui, 15 blessé ont été enregistrés (dont 3 par balle) et 25 étudiants interpellés dont 3 à Abengourou.

[ National Kennedy fait le bilan et annonce le maintien de la mobilisation ]

« Nous avons enregistré environ 15 blessés dont 3 par balles. Au nombre des blessés par balle, un étudiant a été identifié. Il s’agit d’Assonvon Jean-Judicaël, étudiant en 2e année de criminologie. Plusieurs chambres saccagées et pillées dans les cités Universitaires. Des étudiants vu leurs appareils volés, comme vous l’avez certainement constat. Il y a eu 25 arrestations dont 3 à Abengourou. Les autres sont détenus à la préfecture de Police d’Abidjan.  Les policiers avaient bien préparé leur plan d’attaque. Tout porte à croire que cette opération s’inscrit dans le cadre du mot d’ordre que nous avons lancé le jeudi 7 septembre 2017. Un mot d’ordre qui va à l’encontre des frais parallèles que des chefs d’établissements publiques imposent à nos petits frères des lycées et collèges, lors des inscriptions physiques.
 
Ces évènements sont liés. Parce que, nous sommes aujourd’hui au 3e jour de ce combat qui a commencé à porter ses fruits. Puisque, dans plusieurs villes, les parents et les élèves ont refusé de payer ces frais qui constituent une sorte d’escroquerie. Et c’est là que la police décide d’attaquer les cités universitaires, parce que c’est là que résident les leaders de la Fesci. Donc, c’est fait à dessin. Le bilan du mouvement lancé est satisfaisant. Car, comme je le disais, les parents et adhèrent entièrement à ce projet qui est de dire non à cette escroquerie organisée et rentable qui constitue une sorte de caisse noire pour certains. Donc l’adhésion des parents constitue une satisfaction.
 
Maintenant, nous notons que le Gouvernement, au lieu de prendre une décision courageuse pour mettre fin à cette anarchie que nous constatons, a fabriqué des parents d’élèves qu’il fait intervenir la télévision nationale. Des représentants de Coges, notamment cet Abou Doumba,  qui vient parler au nom de parents d’élèves qui se disent prêts à payer. Cela discrédite le noble combat engagé par la Fesci. Mais, nous constatons heureusement que leur appel n’a pas été suivi. Les parents ont commencé à suivre le mouvement.  Dans un premier temps, la Fesci porte plainte contre X pour cette barbarie. Nous exigeons que les responsabilités soient situées.  Nous ne céderons pas à la dissuasion et à l’intimidation. Nous irons jusqu’au bout de ce mouvement. Nous serons débout jusqu’à ce que le Gouvernement produise une déclaration pour mettre définitivement fin à cette escroquerie qui n’honore pas l’école ivoirienne. Nous disons non à cette police qui laisse les “microbes“ semer la zizanie à Abidjan, mais qui a la force d’aller gazer des étudiants endormis dans les cités universitaires. Là où certains sont en plaine rédaction de leurs mémoires. Très bientôt, le camarade SG national se prononcera lors d’une conférence de presse. À compter d’aujourd’hui, la mobilisation des parents et des élèves se fera sentir jusqu’à ce que nous obtenions gain de cause », Kennedy Sylvaire, Secrétaire à la communication de la Fesci.

Jean-Hubert Koffo

 

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