Le Président français a entamé une tournée ‘’express’’ sur le continent africain ce jeudi 2 juillet 2015. François Hollande est au Bénin. Il se rendra ensuite en Angola et au Cameroun. Sur les enjeux et les défis de cette tournée, des guinéens font leur analyse.
Diallo Alpha Oumar Taran est fondateur et professeur d’Université à Conakry. Il estime que la tournée d’Hollande en Afrique pourrait être une bonne chose. Parce qu’en général, explique-t-il, la France joue le gendarme en Afrique par rapport aux élections. « Mais ce qui est à déplorer, c’est souvent un poids deux mesures, parce que dans certains pays, ils approuvent les modifications des constitutions ou quand les chefs en exercice s’imposent sur les volontés des populations. Dans d’autres pays, ils obligent le Président à céder; on a vu l’exemple du Burkina Faso et du Bénin».
Pour lui, cette situation prouve que l’Afrique reste sous le joug des puissances colonisatrices : « La France-Afrique a toujours existé et ça existera d’une manière ou d’une autre. Ça pourrait être de manière très exacerbée ou en sourdine, mais les puissances occidentales vont toujours garder leur mainmise sur l’Afrique tant que nous ne prendrons pas nos responsabilités ».
Touré Alpha Mady, journaliste, voit la tournée de François Hollande comme une façon de « maintenir les contacts ».
« Vous savez qu’aujourd’hui les pays occidentaux sont confrontés à d’énormes problèmes. On parle d’inondation des marchés africains par des produits d’origine chinoise, donc la France a des difficultés. Il faut qu’elle renoue ses contacts avec l’Afrique au lieu de voir ses intérêts se volatiliser au profit des autres. Etant ancienne puissance colonisatrice, c’est aussi important que la France reprenne des rencontres dans sa dynamique de maintien de la démocratie, de la paix et de la sécurité sur le continent », a expliqué M. Touré.
Pour sa part, Amadou Kendessa Diallo, journaliste également , pense que la visite du Président français en Afrique constitue des enjeux et des défis importants.
« Il faut dire aujourd’hui que l’Afrique constitue la convoitise de tous les Etats développés, parce qu’il faut nouer des partenariats avec les gouvernements pour investir davantage », entame-t-il.
Jusqu’à présent, l’Afrique est un continent en chantier, dont les ressources minérales restent non exploitées, poursuit le journaliste.
Ainsi, «avec la tournée de François Hollande dans ces pays-là, vous comprendrez que les enjeux économiques que la France et les gouvernements des pays concernés pourraient en tirer à travers les investissements privés. Au-delà de cet aspect, l’Afrique a beaucoup de problèmes : le terrorisme ave la secte Boko Haram qui continue d’installer ses tentacules à travers toute l’Afrique sub-saharienne, ça constitue un enjeu important et un défi pour la France, ancienne puissance colonisatrice. Il faut donc venir maintenant à défaut de voir ses intérêts menacés par les islamistes » , conclut-il.
Aliou BM Diallo, à Conakry pour Afrikipresse