Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux sont devenus des plateformes où s’expriment diverses opinions sur la gouvernance en Côte d’Ivoire. Parmi les acteurs les plus bruyants figurent les cyberactivistes, souvent issus de la diaspora, qui critiquent violemment le pouvoir en place. Facebook, X (ancien Twitter), TikTok et YouTube sont leurs terrains de jeu favoris, où ils alternent analyses politiques, invectives et appels à la contestation.
Loin du pays, ces cyberactivistes se présentent comme des défenseurs du peuple, mais leur discours suscite de nombreuses interrogations. Que pèse réellement la diaspora dans la gestion du pouvoir d’État ? Leurs critiques influencent-elles la gouvernance et le quotidien des Ivoiriens ?
Une diaspora tiraillée entre engagement et contradictions
La diaspora ivoirienne, notamment en France et aux États-Unis, joue un rôle économique crucial à travers les transferts de fonds et les investissements privés. Pourtant, une frange de cette diaspora semble se détourner de cette contribution positive en adoptant une posture radicale de dénigrement systématique du régime ivoirien et de la France,pays où ils résident et dont ils bénéficient des infrastructures et du système économique.
Le paradoxe est frappant : ces cyberactivistes dénoncent avec virulence la gouvernance d’Abidjan et les relations franco-ivoiriennes, tout en profitant des avantages sociaux et économiques offerts par ces nations. Leur discours, souvent marqué par des appels à la haine et des critiques acerbes, ne s’accompagne d’aucune proposition concrète pour l’amélioration du pays.
En théorie, la diaspora pourrait jouer un rôle clé dans la reconstruction et le développement de la Côte d’Ivoire, notamment en partageant leurs expériences et en investissant dans des projets structurants. Pourtant, au lieu d’être un pont entre l’international et le local, ces cyberactivistes se complaisent dans une posture d’opposition radicale, parfois détachée des réalités du terrain.
Une influence limitée sur le pouvoir et les réalités du pays
Si les cyberactivistes ivoiriens font beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux, leur impact sur la gestion du pouvoir d’État reste très limité. Contrairement à ce qu’ils imaginent, les décisions stratégiques en Côte d’Ivoire sont prises en fonction des besoins du pays et des attentes de la majorité silencieuse, bien loin des polémiques en ligne.
Le président Alassane Ouattara et son gouvernement ont choisi de ne pas se laisser distraire par ces critiques infondées. Au lieu de répondre aux provocations, le pouvoir ivoirien reste concentré sur son programme de développement, avec des infrastructures modernes, une croissance économique soutenue et une amélioration des conditions de vie des populations.
La réalité est simple : les cyberactivistes n’ont pas de poids politique tangible. Leur audience se limite souvent à des cercles restreints, composés d’opposants convaincus et de spectateurs attirés par le sensationnalisme. Les Ivoiriens vivant sur le sol national, eux, sont davantage préoccupés par l’emploi, l’éducation, la santé et la sécurité que par les discours enflammés de ceux qui vivent à des milliers de kilomètres.
L’opposition face à ses propres contradictions
Un point crucial mérite d’être souligné : le silence des leaders de l’opposition face aux dérives des cyberactivistes. Des figures comme Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, feu Henri Konan Bédié ou Tidjane Thiam ne condamnent pas ces attaques, voire les encouragent tacitement, espérant en tirer profit politiquement.
Mais cette stratégie est risquée. Les cyberactivistes d’aujourd’hui pourraient devenir les bourreaux de demain, s’attaquant avec la même virulence aux nouveaux dirigeants s’ils accèdent au pouvoir. L’histoire récente de la Côte d’Ivoire a montré que les alliances opportunistes sur les réseaux sociaux ne tiennent jamais longtemps.
La Côte d’Ivoire avance, avec ou sans eux
Le cyberactivisme ivoirien, en particulier celui pratiqué par la diaspora, est marqué par un paradoxe évident : critiquer sans proposer, dénoncer tout en profitant du système qu’ils fustigent. Pourtant, la Côte d’Ivoire continue son chemin, portée par une dynamique de développement qui dépasse les polémiques virtuelles.
Le pouvoir en place l’a compris : les réseaux sociaux ne construisent pas des routes, ne créent pas d’emplois et ne nourrissent pas les populations. Seul le travail concret sur le terrain compte, et c’est là que se joue l’avenir du pays. Pendant que certains s’épuisent à dénigrer, d’autres bâtissent. L’histoire retiendra qui a réellement contribué au progrès de la Côte d’Ivoire.
Philippe Kouhon