Opinion

Crise Niger-Côte d’Ivoire |<br>Général Tiani : quand la menace remplace la responsabilité

Par La Rédaction1 février 2026

Menaces publiques, accusations sans preuves, silence sur un avion civil détruit : après l’attaque de l’aéroport de Niamey, une lettre ouverte démonte le narratif sécuritaire du pouvoir nigérien et interpelle directement le général Abdourahamane Tiani.

Dans une tribune adressée au général Abdourahamane Tiani, l’ivoirien Serikpa Zoukou André, spécialiste des questions sécuritaires, dénonce une sortie jugée irresponsable et dangereuse pour la stabilité régionale. Il réfute toute implication ivoirienne, accuse une défaillance grave du dispositif sécuritaire nigérien et s’indigne de la destruction d’un avion civil d’Air Côte d’Ivoire, passée sous silence au profit d’un discours de confrontation visant le président ivoirien Alassane Ouattara. Une prise de parole qui appelle à rompre avec la politique de l’ennemi extérieur et à assumer les responsabilités internes.

Excellence,

Je m’adresse à vous, non en cyber-activiste, mais en homme engagé pour la paix et la sécurité des personnes et des biens. 

Ce message est un appel à l’apaisement et au respect du droit d’aînesse cher à notre société africaine.

Excellence, vos récents propos tenus depuis l’aéroport de Niamey le 29 janvier 2026, menaçant le président Ouattara et le peuple ivoirien, ont provoqué indignation et sentiment de colère ou même de haine chez les Ivoiriens et les ivoiriennes, car ce que vous avez dit, est une vraie sortie de route.

Alors que votre gouvernement et le groupe JNIM ont communiqué sur l’attaque, je m’interroge : que reprochez-vous réellement au président ivoirien, dont le pays est à des milliers de kilomètres du votre , d’autant plus qu’aucun Ivoirien n’est identifié parmi les assaillants.

Vos accusations et menaces me conduisent à une conclusion : l’avion civil Air Côte d’Ivoire, stationné sur votre tarmac en attente de passagers, a été délibèrement détruit par vous et vos hommes. Cet appareil visible qui est un avion commercial et non militaire a été criblé de balles. Il n’était pas un avion de combat. Mais cet avion parce qu’il est ivoirien n’a pas eu droit à votre compassion. Il n’a pas été digne de figurer dans le bilan, tout simplement pour alimenter votre narratif anti Ouattara. Était-ce au Président Alassane Ouattara d’assurer la sécurité de votre territoire ?

En pareille circonstance, la tradition africaine commande des mots de compassion envers l’aîné qui subit aussi un préjudice, et qui partage la peine des victimes du Niger . Comment faites-vous même pour croire que Son Excellence Alassane Ouattara peut être parrain des rebelles ! N’est-ce pas gros quand même ? 

Votre système de sécurité a failli dans sa veille, avant, pendant et après l’attaque.

Excellence, je vous invite à consulter les archives pour mesurer la profondeur des liens séculaires entre nos nations, de Kountché et Diori à Houphouët-Boigny. Le président Alassane Ouattara est l’héritier de ce dernier. Lui manquer de respect, et oublier tous vos compatriotes qui sont des nôtres en route hospitalités et fraternité c’est attirer sur vous tous les « magnans du colatier ivoirien ». Je vous le déconseille, en frère Excellence.

Vive la paix et la concorde africaines.

Fait à Abidjan, le 30 janvier 2026

Serikpa Z. André
Spécialiste des questions sécuritaires

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires