Interrogé après le lancement du forum national sur le dialogue social, le premier ministre béninois Lionel Zinsou s’est prononcé sur la crise qui secoue l’université d’Abomey-Calavi, où étudiants et enseignement entretiennent depuis des mois un dialogue de sourds au sujet des conséquences de l’application du système LMD :
« Le dialogue est très important dans la crise qui secoue l’Université d’Abomey-Calavi. Ce qui est terrible c’est que tout le monde est de bonne foi. On a une réforme qui porte sur l’application d’un système qui est maintenant une réalité dans le monde entier et qui change un peu la nature des examens, qui change un peu la façon dont on conduit une année universitaire. Si on ne le fait pas, nos diplômes n’auront plus de valeur à l’international. Et ça c’est au détriment des étudiants. Mais l’année où on le fait c’est que ça change un peu les habitudes. Ça fait craindre qu’on ne puisse pas avoir de sessions de rattrapage. Il y a tout une série de risques au fond, perçus par les étudiants. On n’a pas assez expliqué, on n’a pas assez dialogué. On n’a pas aménagé une transition suffisamment longue. Un compromis doit être trouvé et ça doit progresser. On aurait pu s’éviter les scènes de violences si on n’avait pris les choses très en amont et si on avait expliqué longuement. Mais je ne crois pas que ce soit le bien contre le mal. Je crois que c’est deux parties de bonne foi qui ne se sont pas suffisamment expliquées».
Ariel Gbaguidi