Une rumeur annonçant la mort du Général Lassina Doumbia, chef d’état-major des armées ivoiriennes, a brièvement enflammé les réseaux sociaux ce mardi soir. Bien qu’infondée, cette fausse information n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit dans une stratégie bien rodée de désinformation en ligne.
Une rumeur lancée avec méthode
Tout commence avec la publication, en fin d’après-midi, d’un appel à la mobilisation sur une page Facebook identifiée pour ses publications hostiles à l’ordre établi. Le message annonçait une révélation pour 19h, promettant la divulgation d’informations confidentielles liées à une prétendue opération secrète.
À 19h10, une rumeur sur la mort du chef d’état-major commence à circuler. Elle est immédiatement relayée par plusieurs comptes connus pour leurs positions extrémistes ou radicalement souverainistes. Le scénario est clair : le message initial sert de signal de départ à une diffusion massive et coordonnée.
Une mécanique de désinformation bien connue
Texte préparé à l’avance, comptes relais activés, partage instantané sur les groupes WhatsApp : tout indique une opération montée pour semer le doute au sein de l’opinion publique. La cible – une figure militaire emblématique – est choisie pour son potentiel d’impact émotionnel.
La stratégie repose sur un effet de choc : frapper vite, avant que la vérification ne rattrape la rumeur. Mais cette fois, la riposte a été rapide.
Une réaction immédiate des autorités
La réaction officielle ne s’est pas fait attendre. Un communiqué publié sur les canaux institutionnels a rapidement démenti cette fausse information. La RTI a confirmé que le Général Doumbia est bien en vie et pleinement en fonction.
Plusieurs plateformes de vérification d’information et médias professionnels ont également contribué à contenir la propagation du faux.
Une nouvelle tentative dans un contexte tendu
Ce n’est pas la première fois que des figures politiques ou militaires ivoiriennes sont ciblées par des campagnes de rumeurs sur les réseaux sociaux. Ces opérations visent à déstabiliser l’environnement sociopolitique, souvent en exploitant les tensions régionales et la vulnérabilité de certains publics à la manipulation en ligne.
La Côte d’Ivoire, en tant que démocratie stable dans une région secouée par des transitions militaires, apparaît de plus en plus comme une cible d’influence dans les nouvelles formes de conflit numérique.
Cette publication a été très rapidement relayée en masse par des comptes se revendiquant de la mouvance souverainiste pro-AES ou/et panafricaniste radicale, des comptes pour la grande majorité favorables aux juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
L’objectif même de cette opération est de semer la confusion et l’inquiétude au sein de l’opinion publique.
Rendez-vous à 19h et après…
19h, la mobilisation numérique est lancée, les abonnés et autres personnes ayant reçu cette information depuis la page Facebook Anonymous +226 officiel et ses relais sont sur le quivive.
Seulement 10 minutes plus tard, vers 19h10, une publication annonce la prétendue mort du Général Doumbia.
Celle-ci ne met pas longtemps a être relayés et rediffusée en masse par ces même comptes Facebook, l’information est même relayée sur les groupes Whatsapp. Cette synchronicité troublante témoigne d’une coordination en amont.
Tout semble avoir été orchestré depuis le début, les comptes relais étaient prêt, les texte déjà rédigés et les slogans préparés.
Le Général Doumbia est une cible symbolique pour les faiseurs de troubles. Même si cette opération a bien été orchestrée en amont, la riposte a quant à elle était plus que réactive.
Grâce à la vigilance des autorités et des médias nationaux, la rumeur a été rapidement démenti.
RTI dans un communiqué diffusé sur ces canaux officiels a dénoncé et démenti le prétendu assassinat du Chef d’Etat_Major de l’Armée ivoirienne.
Une attaque ciblée, la Côte d’Ivoire une cible récurrente
Ces actions menées sur les réseaux sociaux confirment que la Côte d’Ivoire est une cible régulière de la guerre de l’information.
La stratégie du chaos informationnel portée par des acteurs extérieurs est de plus en plus visible.
Cette tentative de manipulation n’est pas la première et ne sera pas la dernière. Elle s’inscrit dans un contexte régional tendu, notamment avec les dégradations sécuritaires des pays voisins de la Côte d’Ivoire. Les réseaux pro-AES, souvent manipulés par des acteurs étrangers et groupe paramilitaires cherchent à affaiblir les régimes démocratiques voisins.
F. Kouadio – Cap’Ivoire Info@CapIvoire_Info