Opinion

Côte d’Ivoire : les jeunes au cœur des enjeux de la présidentielle 2025

Par La Rédaction26 juillet 2025

À l’approche du scrutin présidentiel prévu pour le 25 octobre 2025, la jeunesse ivoirienne, forte de son poids démographique, se retrouve au centre de toutes les attentions. Mais entre engagement civique et exposition à la désinformation, sa participation au processus électoral reste un défi.

Une force démographique décisive, mais encore peu visible dans les urnes

Les moins de 35 ans représentent environ 78 % de la population ivoirienne, selon les chiffres communiqués par les autorités. Ce poids démographique confère à la jeunesse un rôle potentiel majeur dans l’issue des élections à venir. Pourtant, la réalité électorale contraste avec cette force en nombre : faible taux d’inscription, abstention fréquente et défiance vis-à-vis des institutions réduisent considérablement son influence dans les urnes.

Face à ce constat, plusieurs initiatives ont vu le jour depuis 2024 pour renforcer l’implication des jeunes. À travers des campagnes comme « Stop aux sorciers numériques » ou « En ligne tous responsables », le gouvernement entend mobiliser cette frange de la population et lutter contre les freins à sa participation, notamment la désinformation.

Le numérique, à la fois levier d’expression et vecteur de confusion

Très connectés, les jeunes Ivoiriens s’informent de plus en plus via les réseaux sociaux. Mais cette hyperconnexion s’accompagne d’un risque grandissant : la prolifération de fausses informations, souvent partagées sans vérification préalable. Les autorités, appuyées par des partenaires techniques tels que la GIZ et l’Union européenne, ont identifié cette fragilité comme un facteur de déstabilisation du débat public.

Dans ce contexte, certains influenceurs en ligne, comme Johnny Patcheko, profitent de leur audience pour diffuser des discours à caractère populiste, parfois hostiles aux institutions. Ce phénomène alimente la méfiance et crée un climat propice à la manipulation de l’opinion, particulièrement chez les jeunes électeurs.

Des initiatives pour renforcer la conscience citoyenne

Conscientes de ces enjeux, les autorités ivoiriennes ont mis en place des programmes d’éducation civique à destination de la jeunesse. Le Parcours Citoyen, coordonné par le Service national des jeunes, a permis de former environ 900 élèves âgés de 14 à 17 ans en 2025, notamment à Bouaké et Dabou. Ce programme vise à inculquer les notions de civisme, de responsabilité et d’analyse critique de l’information.

Par ailleurs, des caravanes d’éducation civique et électorale ont été organisées dans plusieurs localités, notamment à Yamoussoukro et Taabo. L’objectif : renforcer la compréhension des mécanismes électoraux et encourager une participation éclairée.

Ces actions, bien que limitées en nombre, traduisent une volonté de structurer un engagement citoyen ancré dans les réalités locales. Elles visent aussi à redonner du sens à l’acte de voter, dans un contexte où l’indignation numérique ne se traduit pas toujours par une action concrète dans les urnes.

Une présidentielle sous haute vigilance

La présidentielle du 25 octobre 2025 s’annonce comme un test majeur pour la vitalité démocratique du pays. Pour la jeunesse, l’enjeu est double : s’affirmer comme acteur du changement tout en se prémunant contre les tentatives de manipulation qui circulent en ligne.

La mobilisation actuelle des pouvoirs publics, combinée à l’engagement de la société civile, devra permettre de canaliser l’énergie de cette jeunesse vers un exercice éclairé de la citoyenneté.
Car si les jeunes ne s’emparent pas des urnes, d’autres s’empareront de leur voix à leur place à coups de désinformation, de populisme et de manipulation. Le vote reste leur seul rempart.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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