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Côte d’Ivoire – Montée en Ligue 1 de football : Hamza Gamal, Président de Football Club Olympique Sport d’Abobo, conscient que le plus dur commence

Par Adou Mel22 mai 2024

Football Club Olympique Sport d’Abobo (FC OSA) a assuré sa montée en Ligue 1 à une journée de la fin de la Ligue 2 de football de Côte d’Ivoire. Désormais avec 42 points, ce club devance largement (7 points) au classement, son poursuivant immédiat, l’ES Bingerville (35 points). Dans cet entretien accordé à afrikipresse.fr, le président du club, Amza Gamal est revenu sur le parcours de son équipe et a indiqué qu’il est conscient que le plus dur commence pour lui.

C’est désormais chose faite. Après dix ans de dures batailles à travers les différentes divisions, Football Club Olympique Sport d’Abobo a atteint l’élite du football ivoirien. Le club doit cette montée à son président, Amza Gamal qui a cru en son projet. Du centre de formation à la Ligue 2 qui a assuré la montée en Ligue 1, que d’épreuves. Amza Gamal s’est ouvert à nous.

Quel sentiment vous anime après la montée de votre équipe en Ligue 1 ?

Ce sont des sentiments de joie. Je suis très heureux d’en arriver là. Pour moi, c’est l’aboutissement d’un très long processus. Nous revenons de loin, de très loin. C’est la récompense de plusieurs années de dure labeur. La passion a payé. 

Quel sens donnez-vous à cette montée ?

Je dirais beaucoup de choses. Mais pour l’essentiel, retenez que c’est la récompense des centres de formation amateurs. Entendez les centres de formation des quartiers sans moyens conséquents par rapport à ceux munis de gros moyens et que nous connaissons sur la scène sportive ivoirienne. Nous sommes partis de loin pour arriver à ce niveau.

-A vous entendre, les choses n’ont pas été faciles pour vous. 

Vous savez, j’ai souffert et je pense aussi à mes collègues présidents et formateurs des centres de formation des quartiers. Moi, je suis un formateur, je suis dans le moule de la formation donc je connais les difficultés des centres de formation des quartiers et c’est pourquoi je dédie cette prouesse à tous les centres de formation des quartiers de la commune d’Abobo. Notre centre a été créé en 2001 et nous avons commencé en 6è Division donc en District 2 puis en en 5è Division donc District 1. Après, nous avons passé trois ans en Division d’Honneur qui est la 4è Division puis trois autres années en Division 3. Enfin, nous n’avons passé qu’une saison en Ligue 2. Mais  tout est parti très vite puisque mon objectif était seulement le maintien dans cette dernière ligue.

Donc la montée en Ligue 1 vous a quelque peu surpris ? 

Oui, je peux le dire ainsi. En fait, je voulais souffler un peu cette saison avant d’attaquer véritablement la montée la saison prochaine compte tenu des nos moyens très limités parce que nous avons beaucoup dépensé. Je suis sans soutien financier et matériel donc vous comprenez que ce n’est pas facile.

Vous parlez de manque de soutiens. Quelques bonnes volontés ne sont-elles pas venues à votre secours ?

Non, je suis seul à supporter les charges du club. Personne ne m’a aidé. Même pas des joueurs que j’ai formés. J’ai souffert pour atteindre ce niveau avec le club. A côté de cela, il y a le centre de formation qui existe toujours et qui est notre véritable objectif. Je vous ai dit que je suis un formateur donc je suis toujours dans la formation. Malgré mon titre de président, je m’occupe plus de la formation. Il y a des entraîneurs pour le club mais j’ai toujours mon regard là-bas. Je m’y implique énormément. 

Vous êtes un club de la commune d’Abobo. Avez -vous des contacts avec la mairie de cette commune ?

Toutes mes démarches pour rencontrer les responsables de la mairie sont restées vaines à chaque fois et cela depuis des années. À l’époque, j’ai tout fait pour rencontrer le maire Hamed Bakayoko mais ça n’a pas marché. Même avec l’actuelle équipe, c’est la même chose. En un mot, j’ai tout tenté mais je n’ai pas obtenu gain de cause. Vous savez, moi je suis tellement ancré dans le sport que je ne vis que football. Maintenant que je suis en Ligue 1, j’espère que j’aurai un soutien de notre mairie. Désormais, avec SOL FC, nous sommes deux clubs de football de la commune en Ligue 1. C’est inédit. 

-A quel moment avez-vous senti que la montée en Ligue 1 était possible ?

Vous savez, je jouais le maintien pour connaître mieux le monde professionnel d’autant plus que j’ai été de tout temps dans le monde amateur. C’est à partir de nos résultats et ceux de nos adversaires que j’avais commencé à réaliser que le coup était prenable et jouable. Dès lors, j’ai reconsidéré notre objectif et le résultat est là. 

Désormais c’est la Ligue 1 avec ses grosses exigences. Êtes-vous conscient de ce qui vous attend ?

J’ai conscience de cette situation depuis que j’ai changé d’objectif. Je sais que c’est un lourd fardeau. Donc je vais redoubler d’efforts puisque la Ligue 1 c’est du lourd. J’ai déjà commencé à me préparer. Je connais les exigences de la Ligue 1. D’ici l’ouverture de la prochaine saison, je serai prêt à tous les niveaux à savoir administratif, matériel…. Je m’y attèle actuellement. Je sais que le plus dur commence maintenant pour moi et pour le club.

Après la montée de votre club en Ligue 1, avez-vous un message particulier à adresser à des gens ?

J’adresse mes remerciements au staff technique de l’équipe et aux joueurs pour les sacrifices consentis pour en arriver là. Je leur dédie cette montée qui est en réalité la leur. Mes sincères remerciements également aux Abobolais pour leur marque de confiance. Nous allons tout faire pour ne pas les décevoir. 

Entretien réalisé par Adou Mel

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