À l’occasion de la 7e édition du Salon de l’Agriculture et des Ressources Animales (SARA), qui se déroule dans la capitale économique ivoirienne, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a organisé, en marge de la programmation principale, un panel consacré à l’autonomisation des femmes dans le commerce régional. Cette rencontre, tenue le jeudi 29 mai, a été ouverte par Massandjé Touré-Litse, commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de l’organisation sous-régionale.
Prenant la parole avec conviction, Mme Touré-Litse s’est adressée à une assemblée composée d’acteurs du secteur privé, de représentants institutionnels, de délégations régionales et de jeunes venus nombreux. Elle a salué en particulier les participants venus de Dakar, et a rappelé le rôle central des femmes dans l’économie Ouest-Africaine, notamment dans les circuits commerciaux transfrontaliers.
Poursuivant, elle a rendu un vibrant hommage aux commerçantes de la région. « Leur permettre de réussir dans le commerce régional n’est pas un luxe, c’est une nécessité stratégique », a affirmé Mme Massandjé Touré-Litse, mettant en lumière leur rôle essentiel dans les chaînes de valeur agroalimentaires.
À l’entendre, les femmes représentent jusqu’à 70 % des commerçantes transfrontalières informelles. Actives de la production à la commercialisation, elles restent pourtant sous-représentées dans les politiques publiques et font face à de nombreux obstacles : accès limité à la terre et au crédit, faiblesse des infrastructures logistiques, contraintes juridiques, harcèlement aux frontières et poids des frais informels.
Face à ces inégalités structurelles, la communauté œuvre à une intégration transversale de la dimension genre dans ses politiques sectorielles. Elle a encouragé la mobilisation de la Fédération des femmes commerçantes de la CEDEAO, fortement impliquée dans l’événement.
Massandjé Touré-Litse a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance à la coopération allemande, partenaire stratégique à travers le projet « Commerce agricole CEDEAO (EAT) », financé par le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la GIZ. Ce programme soutient la structuration des acteurs, facilite le dialogue public-privé et œuvre à la création d’un environnement plus favorable au commerce féminin.
Parmi les autres initiatives citées : le programme de Résilience du Système Alimentaire (FSRP), les actions de la Fédération des femmes entrepreneurs et femmes d’affaires de la CEDEAO (FEFA) et les dialogues frontaliers menés avec Borderless Alliance, autant de démarches qui traduisent une volonté partagée d’aboutir à des réformes structurelles durables.
Enfin, la commissaire a appelé à une mobilisation renforcée des États membres, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, mais aussi des premières concernées, les femmes elles-mêmes. L’autonomisation économique des femmes n’est pas simplement une exigence de justice sociale. C’est une condition indispensable pour un développement régional compétitif, durable et inclusif.
JM