La commune de Treichville, dans la ville d’Abidjan était sous tension vendredi 25 août 2017, des candidats au Hadj 2017 qui ont paralysé la circulation au niveau du Palais des Sports. Ils manifestent leur colère contre une agence de voyage spécialisée dans les pèlerinages musulmans et qui les auraient grugés. Ils ont décidé de s’assoir sur le VGE pour «attirer l’attention des autorités du pays» sur leur situation.
Selon les informations recueillies auprès des manifestants, l’agence EIMPC, Agréée par le Commissariat du Hadj et basée à Treichville Cité Douane , a perçu de chacun d’eux, entre 4 et 5 millions F CFA pour leur permettre d’effectuer le voyage. Mais, à 24 heures de la fermeture des frontières de l’Arabie-Saoudite aux Pèlerins (samedi 26 août 2017, à minuit), ils sont encore à Abidjan, sans aucune nouvelles des responsables de l’Agence (injoignables), dont les portes sont désormais fermées.
« En fait, c’est mon père qui doit aller au Hadj. Cette Agence est agréée par l’État. Elle a reçu comme quota de l’État , 105 personnes. Mais, au lieu de se contenter de ces 105 personnes, elle a inscrit plus de 400 personnes. C’est-à-dire qu’ils ont fait un dépassement de quota, sans prévenir les pèlerins que nous sommes. Nous sommes venus nous inscrire sans le savoir avec la bonne fois que ces gens pouvaient nous faire partir. Et nous avons payé 4 à 5 millions F CFA. Pour l’État, c’est 2 millions F CFA. Mais les gens ont accepté de pays plus, pour être dans certaines conditions. On nous a dit qu’on partirait le 10 août 2017. Cela ne s’est pas fait. La date a été rejetée au 17 août 2017, pareil. Après , ils nous ont demandé de faire venir les parents à la mosquée du CHU de Treichville le 22 août 2017. Et donc, depuis le 22, les parents dorment à la Mosquée, se disant que le vol va se faire bientôt. J’jusqu’à hier soir (dans la soirée du jeudi 24 aout 2017. Ndlr) encore, on nous a fait croire que le vol allait avoir lieu à 23 heures . Nous constatons ce matin qu’il n’y’a pas eu de vol, et que les responsables de l’Agence ont disparu. C’est pourquoi nous avons décidé de bloquer cette grande voie, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Ils se sont arrangés pour faire partir 105 personnes et nous, nous restons dans le flou. La seule chose que nous voulons, c’est avoir un vol ce soir. Puisque, l’Arabie Saoudite ferme ses frontières aux pèlerins demain samedi à 24h00 », a longuement expliqué Seydou Traoré, le fils d’un candidat au Hadj.
Ces candidats au Hadj sont venus, pour la plupart, de villes de l’intérieur du pays. C’est le cas de la vielle Doumbia Salimata venue de Danané (850 km d’Abidjan) depuis un mois. «Nous venons de Danané. Certaines personnes viennent de Man, Bouaké, Korhogo, Daloa, Bondoukou et nous sommes à Abidjan depuis des semaines. Nous dormons chez des tuteurs, dans les mosquées, en attendant le vol qui n’arrive jamais. J’ai payé 4 millions F CFA pour ce voyage. On a appris que certaines personnes sont parties. Je ne veux pas retourner à Danané, sans avoir vu ma Mecque. Ils détiennent tous nos papiers. Les seules choses que nous avons sur nous, ce sont des badges et l’uniforme du Hadj», a confié la sexagénaire, au bord des larmes.
Les sentiments les plus partagés par ces pèlerins sont l’incompréhension et la colère. Ils occupaient encore le boulevard, quand nous quittions les lieux, obstruant la circulation. Plusieurs cagots de la Police et de la Gendarmerie sont présents pour ramener le calme.
« La Direction des cultes a été informée. Nous resterons là jusqu’à ce que nous ayons nos billets d’avion », a lancé Diaby Souleymane, l’un des candidats au pèlerinage.
Jean-Hubert Koffo