Trois journalistes sportifs africains, issus du Mali, du Cameroun et du Bénin, livrent leur analyse de la première phase de la CAN 2025 de football. Tous s’accordent sur un constat central : la hiérarchie a globalement été respectée.
« La hiérarchie a été respectée »
Mohamed Soumaré (Mali)
À première vue, la logique sportive a prévalu. Les équipes attendues au second tour (les deux premières de chaque groupe) ont répondu présentes et obtenu leur billet pour la phase à élimination directe.
La moyenne de 2,5 buts par match constitue un ratio encourageant, notamment face aux équipes réputées pour « garer le bus » et freiner le jeu adverse. Le public a été servi : gestes techniques, acrobaties, spectacle… un football typiquement africain, à mille lieues de la rigueur tactique européenne.
Tout n’a cependant pas été parfait. L’engagement excessif de certaines formations interroge : 6 cartons rouges ont été distribués en 36 matchs, soit un tous les six matchs. L’arbitrage, malgré la VAR, a également suscité plusieurs contestations.
À noter enfin : les qualifications historiques du Mozambique et de la Tanzanie, une grande première.
« Les favoris au rendez-vous »
Fils Daniel N’Djeck (Cameroun)
Après dix jours de compétition, le premier tour a rendu son verdict. Sans réelle surprise, les grandes nations ont tenu leur rang : Égypte, Cameroun, Nigeria, Maroc ( pays hôte) poursuivent l’aventure.
Cette 35ᵉ édition a aussi livré son lot d’enseignements. La qualification historique du Mozambique, devant le Gabon de Pierre-Emerick Aubameyang, constitue l’une des principales surprises. Le Soudan crée également l’événement en se qualifiant sans avoir inscrit le moindre but ; son unique réalisation ayant été un but contre son camp adverse.
Le tournoi gagne aussi en prestige avec la présence de plusieurs Ballons d’Or africains : Sadio Mané, Riyad Mahrez, Mohamed Salah, sans oublier Achraf Hakimi, encore en phase de reprise.
Parmi les curiosités : la qualification de la Tanzanie parmi les meilleurs troisièmes avec seulement deux points, symbole d’un tournoi équilibré et imprévisible. Les fortes pluies ont perturbé certaines rencontres, malgré l’anticipation et l’organisation solide du Maroc.
Place désormais aux huitièmes de finale, attendus ce week-end, pour un nouveau chapitre riche en suspense.
« L’exception Angola et Gabon »
Hugues Zunon Zinsou (Bénin)
Parmi les nations du Top 30 africain au classement FIFA, seules l’Angola et le Gabon n’ont pas franchi ce premier cap, piégées dans des groupes élevés en intensité. À l’inverse, le Mozambique, au jeu inspiré du modèle latin, a posé de réels problèmes à la Côte d’Ivoire et au Cameroun, logiquement premiers et deuxièmes. Troisième, le Mozambique sort grandi de ce premier tour.
Dans le groupe du Maroc, les Lions de l’Atlas ont été bousculés par le Mali mais ont maîtrisé leurs matchs face aux Comores et à la Zambie. Les Aigles maliens, souvent attendus mais rarement constants, ont cette fois assuré l’essentiel : la qualification.
L’Égypte a dominé son groupe avec 7 points, devant une séduisante Afrique du Sud. L’Algérie, de son côté, a terminé en tête devant un Burkina Faso prometteur.
Le Nigeria a survolé ses trois matchs (9 points), tandis que la Tunisie, séduisante au départ, a flanché face aux Super Eagles. Dans la poule du Sénégal, les favoris (Sénégal et RD Congo) ont tenu leur rang et et le Bénin a réussi à décrocher sa qualification.
Globalement, tous les favoris ont répondu présents à l’exception notable de l’Angola et du Gabon. Les huitièmes de finale s’annoncent relevés et indécis.
Propos recueillis par Adou Mel, envoyé spécial à Marrakech