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CAN 2023 : Prières, joie, musique, danse… comment San Pedro a accueilli la qualification des Éléphants 

Par Adou Mel25 janvier 2024

C’est avec une grande joie que la ville de San Pedro a accueilli la nouvelle de la qualification de la Côte d’Ivoire pour les huitièmes de finale de la 34è édition de la CAN. Ce mercredi 24 janvier 2024, la population a jubilé dans les rues de la ville jusqu’au matin du jeudi.

Les prières pour le Maroc

Troisième de son groupe (A) avec 3 points derrière la Guinée Équatoriale et le Nigeria, la Côte d’Ivoire n’avait d’autre solution que d’espérer être du groupe des repêchés pour atteindre les 8ès de finale étant entendu qu’elle était “grillée ” sur les deux premières places. Ce qui a été fait grâce à la victoire du Maroc sur la Zambie elle aussi en lutte pour le dernier billet qualificatif. Et c’est en toute logique qu’à l’instar des populations des autres villes de la Côte d’Ivoire, celle de San Pedro a manifesté sa grande joie jusqu’au petit matin de ce jeudi 25 janvier 2024.

« Dieu il faut nous sauver. Il ne faut pas que nous ayons honte une deuxième fois. Maroc, il faut marquer pour nous libérer », n’avait de cesse de répéter un volontaire à la tribune. Ses camarades, garçons et filles à ses côtés, eux aussi anxieux, ont eu du mal à le canaliser tant l’homme était intenable. 

D’autres volontaires étaient également plongés dans la prière. Certains intérieurement d’autres de manière visible. Les supporters derrière la baie vitrée qui servait de salle de restauration des VIP, des personnalités et autres personnes de haut rang, habillés aux couleurs du Maroc pour les uns et à celles de la Côte d’Ivoire pour les autres, avaient eu du mal à se maintenir assis ou debout selon les positions.

Dans les tribunes, on entendait à plusieurs reprises des cris d’encouragement et de soutien destinés aux joueurs marocains. Une dame a lancé.  « Maroc, il faut nous libérer maintenant. Il faut nous éviter une crise cardiaque ». 

Certains journalistes marocains n’ont pas tenu sur leurs sièges. Ils attendaient ce but libérateur pour conforter la position de leader du groupe de leur équipe. D’autres étaient sereins, vu que le Maroc était déjà  qualifié. L’ambiance était très forte dans les gradins. Les offensives et les occasions de but du Maroc étaient saluées par des salves d’applaudissements. 

L’ambiance jusqu’au petit matin

Au coup de sifflet final de l’arbitre gabonais Tanguy Patrice Mebiame, c’était l’euphorie dans les tribunes. Les supporters marocains ont explosé de joie tout comme ceux de la Côte d’Ivoire. Ce pays venait d’être libéré pour sa qualification pour le prochain tour. L’ambiance était folle. Ivoiriens et Marocains se sont félicités par des accolades et ont crié pour leur qualification. «Dieu ne pouvait pas nous humilier », a dénoncé un supporter ivoirien. 

Déjà, au stade, le convoi de la délégation marocaine a été pris d’assaut. Fraternellement. Le bus des joueurs et les véhicules des officiels ont eu du mal se frayer le chemin du retour. Il a fallu beaucoup de tact des forces de l’ordre pour les soustraire de cette ” petite marrée humaine ” du stade Laurent Pokou. 

En ville, c’était l’extase total. Les rues principales étaient totalement noires de monde. Hommes et femmes, enfants… n’ont pas voulu se faire conter l’événement. « Et si la Côte d’Ivoire remporte le trophée, qu’est-ce que nous allons vivre ? », a dit avec humour un journaliste malien dans le bus des hommes de médias.

 « C’est extraordinaire ça », a repris pour sa part, un journaliste marocain. Et un autre d’ajouter : « À cette allure, nous allons rentrer à l’hôtel après minuit », tellement l’embouteillage dû au déferlement des supporters était monstre sur la voie réservée aux véhicules détenant un ” laissez-passer ”. Le troitoir et la chaussée étaient bondés de monde que devait gérer la police. Avec beaucoup de précaution.

Aucun quartier n’était en marge de cette liesse populaire à commencer par Seweké où est installé le Village CAN. Au Lac, c’est la même ambiance à la Rue des Maquis (ou Pavé), à la Cité, à Manza et dans les autres quartiers, les supporters ont pris d’assaut les maquis, bars, buvettes restaurants…au rythme et au son de la musique locale ou marocaine pour la circonstance.

« Nous allons nous amuser jusqu’au matin », nous a indiqué Alain Kra au milieu d’un groupe d’amis dans un maquis. Individuellement, par groupe ou encore par couples, les supporters ont envahi les espaces pour se trémousser. Ivoiriens et Marocains étaient main dans la main à certains endroits pour fêter cette ” double ” qualification. 

« Demain c’est férié. Aucun patron ne doit renvoyer un employé pour son absence au travail », a lancé avec humour Mesmin Yao, lui aussi dans l’étau de l’ambiance. À 00h 35mn, au moment où nous quittions les lieux, l’ambiance de fête continuait. 

« Il fait déjà jour. Nous allons profiter pour préparer le repas du matin. Les clients vont manger avant de quitter ici. Il faut que nous soyons prêtes avant 5h du matin », nous a informé Nina Gogo, une restauratrice, noyée par la musique de son maquis et de celle des environs.

Adou Mel, envoyé spécial à San Pedro 

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