Afrique

Burundi : quand l’absence de sanctions préventives profite à Nkurunziza

Par La Rédaction6 mai 2015

La révolte populaire qui a emporté au Burkina Faso l’ex président Blaise Compaoré n’a pas encore permis à tout le monde de tirer les bonnes leçons.

Par exemple l’Union africaine n’a pas envisagé d’arrêter une série de mesures préventives permettant d’éviter des crises dans les pays africains.

Lorsque la crise avait débuté au Burkina Faso, si l’Union avait fait savoir à l’ex président qu’il ne serait pas admis aux sommets de l’organisation, si le FMI et la Banque mondiale avaient menacé de couper les vivres, si l’Union européenne avait fait de même, si si si…., il est certain que Compaoré aurait renoncé avant que la rue n’ait eu raison de lui.

Les mesures de sanctions qui sont appliquées aux auteurs et bénéficiaires de coup d’État d’une part, et d’autre part le boycott et l’ostracisme dont ils sont l’objet par principe, doivent être appliqués aux auteurs de tripatouillages constitutionnels , à ceux qui encouragent des mesures non consensuelles dans le cadre des élections.

Au Burundi, Pierre Nkurunziza profite de cette situation d’absence de sanctions préventives. Ceux qui savent que ce qu’il fait n’est pas bon sont plus nombreux, mais il avance et s’entête faisant des victimes.

Certains chefs d’État africains qui ont fait la même chose hier, ou qui comptent le faire demain, peuvent même être tentés de le soutenir en coulisses.

Si les organisations qui sont chargées de la paix et du développement en Afrique et dans le monde gagnent en audace, et si elles prennent leur responsabilité pour indiquer qu’elles ne vont pas coopérer avec le chef de l’État burundais durant toute la durée de son mandat, s’il se fait élire dans les conditions actuelles, celui-ci voudra-t-il poursuivre sa tentative de passage en force?

L’Union africaine qui doit conduire le leadership de cette initiative n’a rien à perdre à essayer d’implémenter le processus de sanctions préventives cibles, et la mise en place d’un mécanisme d’alerte plus efficace et plus coercitif.

Charles Kouassi 

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