Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda, cherche à asphyxier économiquement l’est du Burkina Faso. Dans un message audio diffusé le samedi 24 janvier, le groupe jihadiste a interdit l’approvisionnement et la fréquentation du marché à bétail de Fada N’Gourma, le plus important du pays. Dès le lendemain, l’activité a été fortement perturbée, sous l’effet de la peur, sans affrontements signalés.
Un marché stratégique paralysé par la menace jihadiste
Situé dans la région de l’Est, le marché à bétail1 de Fada N’Gourma constitue un pilier de l’économie locale et nationale. Il joue un rôle central dans la commercialisation du bétail et l’approvisionnement de nombreux autres marchés. Dimanche 25 janvier, au lendemain des menaces du JNIM, les éleveurs et commerçants ont constaté une situation inédite : aucune nouvelle bête n’est arrivée de l’extérieur et aucun troupeau n’a quitté la ville.
Aucune attaque n’a été recensée, mais la stratégie d’intimidation du groupe jihadiste a suffi à désorganiser le marché. « Ici, tout le monde a peur », témoigne un habitué, qui explique ne plus oser s’y rendre.
Des civils pris en étau entre jihadistes et forces de sécurité
Le JNIM justifie son blocus en accusant les forces armées burkinabè et leurs supplétifs, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), de violences contre les populations civiles, évoquant des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires et des vols de bétail. Dans le même temps, l’armée mène des opérations régulières dans une zone où le groupe jihadiste reste très actif, avec des attaques contre des cibles militaires, des enlèvements de soldats et des actions contre des infrastructures civiles, dont l’université de Fada N’Gourma.
Une pression économique lourde de conséquences
Privées de leur principal poumon économique, de nombreuses familles redoutent de ne plus pouvoir subvenir à leurs besoins. Le blocage durable du marché à bétail menace ainsi la survie économique de la ville et accentue la vulnérabilité des populations civiles, déjà durement éprouvées par l’insécurité persistante dans l’est du Burkina Faso.
une correspondance particulière de F. Kouadio
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