Trois ans après son arrivée au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré fait face à un bilan implacable. Le Burkina Faso, qu’il promettait de libérer du terrorisme, est aujourd’hui plus fragmenté que jamais. Des localités entières du nord et de l’est sont assiégées, plus de 2,1 millions de déplacés internes dépendent de l’aide humanitaire, et les groupes armés gagnent du terrain.
Le Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, poursuit son enracinement territorial. Les Nations Unies alertent: des enfants sont désormais enrôlés ou utilisés par ces groupes. Le rapport onusien d’avril 2025 fait état de 2 483 violations graves contre des mineurs entre 2022 et 2024, dont des cas de recrutement forcé. Ces données confirment la déliquescence de la protection des civils.
Des adolescents impliqués dans les combats
Dans certaines zones, des adolescents armés patrouillent aux côtés de combattants aguerris. Selon Watchlist on Children and Armed Conflict, « l’insécurité croissante a permis aux groupes armés d’élargir leur emprise sociale et religieuse ». L’État burkinabè, affaibli, n’a plus les moyens de contrer cette dynamique.
Le territoire contrôlé se réduit, la pauvreté augmente, et la jeunesse, censée être le moteur du redressement, devient la chair à canon d’un conflit interminable.
La junte militaire mise sur le discours souverainiste et la mobilisation populaire, mais les résultats sont absents: le territoire contrôlé se réduit, la pauvreté augmente, et la jeunesse, censée être le moteur du redressement, devient la chair à canon d’un conflit interminable.
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En plaçant les enfants au cœur de la guerre, le JNIM scelle une tragédie générationnelle. Et pour Ibrahim Traoré, l’heure du bilan sonne. Son « pouvoir de salut » s’est mué en régime d’exception sans résultats tangibles.
Une correspondance particulière de Fleur Kouadio
Rédactrice en chef – Cap Ivoire Info