Mais ce blocus n’est que la surface visible d’un conflit plus profond. Dans les campagnes, le JNIM a patiemment tissé son réseau: justice islamique, taxation, médiation communautaire. Ce contrôle progressif des territoires ruraux a vidé l’État de sa substance. Aujourd’hui, le mouvement applique une stratégie d’« encerclement »: couper les voies d’approvisionnement, détruire les infrastructures et saper la confiance des populations.
Assimi Goïta, chef de la junte, répond par la répression: arrestations d’officiers, censure des médias, purges internes. Pourtant, la situation militaire s’aggrave. Les FAMa subissent des pertes sévères ; l’Africa Corps russe, censé inverser la tendance, multiplie les revers. L’aide russe annoncée est de 118 000 litres de carburant par mois, cela représente moins de 5 litres par véhicule à Bamako. Il s’agit d’une promesse symbolique, sans effet concret.
Pendant ce temps, le JNIM poursuit sa guerre prolongée.
Isolé diplomatiquement, absent des grandes rencontres africaines, le Mali se replie sur l’AES encore embryonnaire. Pendant ce temps, le JNIM poursuit sa guerre prolongée. Attaques, sabotages et blocus forment les trois piliers d’une stratégie de conquête lente mais méthodique.
Le Mali traverse sa plus grave crise depuis 2012. Plus qu’une guerre contre l’État, c’est une guerre contre son existence même. Et si Bamako tombait, c’est tout l’équilibre sahélien qui serait remis en cause.
Le Niger et le Burkina peuvent-ils résister à la contagion du modèle malien ? La guerre du carburant pourrait redessiner la carte du Sahel.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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