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Basket-ball guinéen : Reprise des activités, afrobaskat, politique sportive…Keita Amara Babila (président FEGUIBASKET) parle…

Par Adou Mel8 juillet 2025

Restées bloquées pendant des années, les activités de la Fédération Guinéenne de Basket-ball (FEGUIBASKET) ont repris seulement depuis quelques jours. De passage à Conakry dans le cadre des CIS Awards, nous avons rencontré le nouveau patron de la fédération. Avec Keita Amara Babila, nous avons parlé des compétitions nationales et internationales, de la politique sportive…

afrikipresse.fr : Aujourd’hui quelle est la situation au niveau de la FEGUIBASKET huit mois après votre arrivée ?

Keita Amara Babila : Nous avons hérité d’une situation difficile justement parce qu’il y avait trop de problèmes à la fédération qui ont été pour finir aplanis par FIBA par l’entremise du ministère de la Jeunesse et des Sports. Donc c’est une pilule amère que nous avalons depuis notre arrivée à la tête de la fédération. En dehors de la Ligue de Conakry où nous avons quelques infrastructures sportives, celles de Boké, Mamou, Kindia, Labé, Kankan, Farana, N’Zérékoré sont par contre en mauvais état. Le constat est amer dans ces sept ligues. La mission ne se limite pas seulement à l’état des lieux, il faut trouver les moyens et les stratégies pour réaliser ces infrastructures et faire revivre le Basket-ball dans ces lieux. Notre programme repose sur cet objetfif.

afriki : Les difficultés sont dues à quoi selon vous ?

KAB : 2La responsabilité incombe à l’équipe sortante qui a privilégié les activités internationales par rapport aux activités nationales. Aujourd’hui, heureusement que le président de la République, Mamady Doumbouya a rétabli les choses en demandant que 70% des activités liées au sport soient consacrés au sport national et les 30% au sport international et c’est ce que nous essayons dappliquer. Mais tout cela est compliqué parce que c’est comme une nouvelle fédération que nous mettons en place. Puisque nous n’avons hérité d’aucun document, pas même d’un compte bancaire. J’avoue que ce n’est pas facile. 

Mais comment arrivez-vous à fonctionner ?

Je suis un homme de défi. Donc c’est un autre défi que mon équipe et moi sommes en train de relever. Nous sommes en train de mettre des stratégies en place pour pouvoir obtenir des moyens car il faut le dire, depuis notre élection à ce jour, nous n’avons pas encore obtenu de financements de l’État pour nos activités nationales. Mais nous recevons les moyens pour les compétitions internationales. Notre équipe est composée de chefs d’entreprise donc ce sont des cotisations que nous faisons toutes les semaines pour pouvoir subvenir aux besoins de la fédération. J’avoue que ce n’est pas facile car le sport rime avec les moyens et quand vous n’en avez pas, c’est compliqué.

Mais vous connaissiez toutes ces difficultés avant de postuler à la présidence de la fédération 

Tout à fait et nous en sommes conscients. C’est juste vous faire l’état des lieux. C’est pourquoi nous avons travaillé sur un plan de développement, nous avons essayé toutes les stratégies en attendant que nous ayons des partenaires solides pour nous accompagner. Dans l’urgence du travail abattu par les présidents de commissions et les membres fédéraux, nous sommes arrivés à avoir des sponsors qui nous accompagnent. Ce n’est certes pas énormes mais ces moyens nous aident à tenir bon pour le moment et à dérouler le programme du championnat national.

Vous venez de lancer le championnat national de D1.

Effectivement, nous venons de le faire et retenez que c’est le premier championnat national après cinq ou six ans d’arrêt. Notre constat est que les athlètes ont accueilli la nouvelle avec enthousiasme. Ils ont envie de montrer, de prouver ce qu’ils savent faire. Il y a donc cette joie, ce plaisir que nous donnons à cette jeunesse guinéenne en l’occupant sainement. Les gens l’oublient mais le sport c’est un facteur d’éducation et il est important que dans un pays, nous accordions une place de choix à la jeunesse sportive pour la cohésion sociale et la paix. Pour la première fois, nous avons quatre clubs hommes et deux clubs dames de l’intérieur du pays qui prennent part à la D1. Par le passé, nous n’avions qu’un seul qui vient soit de Kindia soit de Mamou. 

Avez-vous foi ?

Naturellement et à 100 %.

-À ce jour, la FEGUIBASKET a combien de licenciés ?

Nous n’avons reçu aucun document à notre prise de fonction. A notre arrivée, nous avons organisé une Coupe Nationale qui a réuni toutes les huit ligues du pays ce qui nous a servi d’une base de données. Maintenant que le championnat est lancé, nous avons commencé à fournir des licences. Nous avons 14 clubs en D 1 chez les hommes et 12 clubs chez les dames. Chaque club a droit à 18 licences sans un seul de plus pour deux étrangers.

Comment vous y prenez-vous au niveau des compétitions continentales ?

Nous nous battons comme nous le pouvons. Nous faisons des pieds et des mains au ministère des finances et à la Primature pour suivre de près l’évolution de nos dossiers administratifs afin d’être dans les délais de décaissement d’argent car vous savez bien que FIBA est très strict dans le respect des cahiers de charges et des engagements vis à vis d’elle. Actuellement, nous préparons les qualificatifs l’Afrobasket U16 féminine. Après nous avons les seniors dames qui doivent se rendre en Côte d’Ivoire et les seniors hommes en Angola. N’oubliez que nos U16 hommes sont qualifiés pour la phase finale de l’Afrobasket au Rwanda. Dans cette catégorie, nous sommes champions d’Afrique en titre.

N’est-ce un héritage lourd…

C’est plus que lourd. C’est une grosse responsabilité qui est plus qu’une charge. Mon équipe et moi devons porter cette charge avec responsabilité et honneur. Sachez que je suis né et grandi dans le Basket-ball. Il y avait des gens avant nous et qui ont beaucoup fait pour nous. C’est pour moi l’occasion de leur rendre hommage. Je pense nnotamment au fondateur feu Mohamed Koumandjan Keita à travers Fodé Amara Conté et autres. Donc c’est pour nous une mission que de réussir ce challenge. 

Chez les U16 hommes votre objectif reste la défense de votre titre.

Naturellement. À ce niveau, nous sommes en train de faire du bon boulot et je dois avouer que je suis fier de l’encadrement technique qui s’est également tourné vers l’extérieur pour pouvoir renforcer l’équipe.

La Guinée n’a jamais remporté de CAN chez les seniors hommes et dames. Quel sera votre objectif en Côte d’Ivoire avec les dames et en Angola avec les hommes ?

Chez les dames, notre objectif est la finale rien que la finale parce que nous avons fait un très bon casting et nous sommes assez confiants. Chez les hommes, nous irons en finale et nous allons remporter le trophée. Je vous le garantis.

Chez les dames vous avez de grosses cylindrées comme le Sénégal, le Nigeria, l’Égypte, l’Angola, le Mali…sans oublier le pays organisateur qu’il ne faut pas négliger.

Je n’ai pas de craintes particulières par ce que je fais confiance au staff technique qui cette fois a fait preuve de sérieux dans le travail. Il y a une chose importante à souligner, c’est qu’aucune de ces grosses cylindrées ne connaît véritablement l’équipe guineenne.

Sur quelle base fondez-vous votre espoir pour dire que vous allez remporter le trophée chez les hommes ?

Parce que cette année, nos meilleurs binationaux ont accepté de jouer pour leur pays la Guinée. Nous avons des joueurs évoluant en NBA, en Pro A en France et au premier niveau dans de grands championnats. Je vous rappelle que nous avons battu l’Angola lors des préliminaires pour obtenir le ticket qualificatif et que la Tunisie ne nous a battu que par un seul point d’écart. Je sais de quoi je vous parle.

Tout ces professionnels binationaux dont vous parlez évoluent en Occident or la préparation généralement se passe en Afrique. Cela ne pose-t-il pas problème ?

Nous avons prévu de faire des regroupements dans un premier temps dans des pays africains et ensuite nous irons aussi en Europe pour parachever notre préparation. Tout cela sera appuyé par des matchs amicaux.

-Il y a le problème de moyens financiers…

Je suis en train de mettre les bouchées doubles pour pouvoir obtenir les moyens. Pour le Premier Ministre, c’est une priorité.

Entretien réalisé par Adou Mel, envoyé spécial à Conakry 

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