L’afrobasket féminin seniors 2025 a, elle aussi, respecté la Logique établie depuis dix ans, celle de la démonstration de force sans partage du Nigeria dans cette épreuve. Avec désormais 7 titres, le Nigeria est à quatre longueurs de retard du Sénégal qui détient le record du plus grand nombre de sacres (11). Quant au Sud Soudan, il reste la belle surprise de ce rendez-vous d’Abidjan au terme duquel il empoché la médaillede bronze. .
-Le Nigeria : La grande satisfaction et la logique respectée
Le sacre du Nigeria n’a surpris aucun observateur averti de la balle au panier africain. Non seulement il reste un abonné aux participations mais de plus, il a toujours imprimé sa marque à son passage. En 15 participations, le deuxième pays le plus titré a gagné le titre à 7 reprises : 2003, 2005, 2017, 2019, 2021, 2023 et 2025. À Abidjan, il a fait un parcours sans faute en gagnant ses cinq matches.
Les Nigérianes ont d’abord battu les Rwandaises (92-45) et les Mozambicaines (60-55) en matchs de groupes (D). En quart de finale, elles ont éliminé les Camerounaises (83-47) puis les Sénégalaises en demi-finale (75-68). En finale, les D’Tigers ont pris ke meilleur sur les Aiglonnes du Mali par 78-64. Un sacré titre qui les qualifie automatiquement pour le Mondial 2026. Le Nigeria est le seul pays à avoir remporté le titre à cinq reprises d’affilée, battant le record de quatre sacres consécutifs qu’il co-détenait avec le Sénégal
À ce tournoi, les joueuses de Rena Wakama ont respecté la logique selon laquelle, elles n’ont jamais perdu de finale une fois arrivées dans la dernière affiche. Ce rendez-vous a également permis de revoir ou de voir de grands noms du basket-ball nigérian et surtout des étoiles de grande classe et de renommée internationale évoluant pour la plupart aux États-Unis. Ezzine Kalu, Sarah Ogoke, Amy Nkonkwo, Cierra Dillard,, Victoria Macaulay, …ont ébloui de leur insolence cette campagne.
-Sud Soudan, Mali et Sénégal les grandes satisfactions
Le Sud Soudan a agréablement surpris plus d’un. Pour sa premières participation, d’ailleurs sur invitation de FIBA Afrique, ce pays a créé la surprise en s’offrant la 3e place du podium synonyme de médailléde bronze et qualificative pour les barrages du Mondial 2026. Sara Deng et ses coéquipières sont passées par toutes les émotions. Une courte défaite 53-55 face aux Maliennes et une autre contre les Camerounaises (63-70). Les deux matchs suivants se sont soldés par des victoires face aux Égyptiennes (75-65) en huitième de finale et aux Ougandaises (69-68) en quart de finale.
En demi-finale, le Sud Soudan est tombé devant le Mali (50-75) avant de faire main basse sur la rencontre pour la troisième place devant le Sénégal (66-65). Les Soudanaises sont désormais dans l’histoire du basket-ball africain. Le sélectionneur Alberto Antuna a fait un travail remarquable qui a ssurpris plus d’un. Il y a également le Mali qui a perdu de peu la finale devant le géant Nigeria. Les Maliennes ont battu les Sud Soudanaises et les Camerounaises (75-49) pour occuper la première place du groupe B.
En quart de finale elles ont écarté les Mozambicaines avant de venir à bout des Sud Soudanaises en demi-finale. Une seule fois championnes d’Afrique, sacre obtenu au Sénégal en 2007, les Maliennes qui étaient tout aussi attendues à ce niveau ont pratiquement atteint leur objectif, celui de monter sur une marche du podium à défaut de la plus haute. Après 2009 et 2021, c’est la troisième finale que perdent les Aiglonnes. À Abidjan, le Mali a joué sa carte à fond mais était en face d’un gros morceau qu’est le Nigeria, irrésistible depuis 10 ans.
Le Sénégal n’a pas démérité. Les multiples championnes d’Afrique (11 titres) voulaient accrocher une autre médaille d’or à celles déjà remportées mais sont tombées sur plus fortes qu’elles. Otis Hughley Junior et ses joueuses se sont battues jusqu’à la dernière goutte de sueur mais ont craqué au finish offrant la dernière médaille à leur adversaire. Depuis 2011, le Sénégal est régulièrement dans le quator. Les Yacine Diop, Victorine Thiaw, Khadija Faye et bien autres ont toutefois l’occasion de se racheter en allant décrocher une place de Mondialiste lors des barrages.
-Les grosses déceptions : Côte d’Ivoire, Angola et Egypte
Pays organisateur, la Côte d’Ivoire s’était fixé pour objectif les demi-finales mais à l’arrivée, elle s’est arrêtée en quart de finale, battue par le Sénégal. Les Ivoiriennes avaient trop tôt rêvé après leurs deux victoires de poule (A) sur l’Égypte (75-63) et l’Angola (82-74). Mais l’exigence de la haute compétition a contrarié les ambitions de Laetitia Sahié et ses coéquipières. A en juger par leur prestation contre les Lionnes du Sénégal dans le match du top 8. Bien qu’évoluant pour la plupart dans le milieu professionnel, les joueuses ivoiriennes ont montré des limites inqualifiables.
Il y a également l’Angola, deux fois titrées qui a disparu depuis des années. Dernière de sa poule (A) surclassée par la Côte d’Ivoire et l’Égypte, l’Angola est arrivée à la 10e place derrière l’Égypte. Les Angolaises ont été éliminées en huitième de finale par le Cameroun (64-85). Le score en dit long pour cette ancienne championne d’Afrique en perte de vitesse depuis des années. Les Angolaises ont été en perte de vitesse à ce tournoi, incapables d’élever le niveau de leur jeu.
L’Égypte également a été une déception a ce rendez-vous. D’ailleurs, les analystes ne sont pas surpris de son parcours. Elle a été éliminée en huitième de finale (65-75) par le surprenant Sud Soudan après seulement un seul match gagné en poule. Invitée par FIBIA Afrique au même titre que le Sud Soudan et le Mozambique, la team égyptienne a été l’ombre d’elle-même. Avec ses deux sacres qui sont aujourd’hui dans les oubliettes, l’Égypte marche à reculons au fil des éditions. Les Pharaonnes ont sorti les dents dès la création de la compétition en raflant les deux premières éditions. Mais, depuis, non seulement elles se font rare aux compétitions mais en plus, leurs parcours quand elles y sont, ont des positions d’honneur au classement.
-Cameroun, Mozambique, Ouganda, Rwanda et Guinée égaux à eux-mêmes
On n’attendait pas mieux des cinq autres prétendants à la couronne. Devant le Nigeria, le Sénégal et le Mali et où le Sud Soudan s’est ajouté à la liste, la situation était difficile pour le Cameroun, le Mozambique, l’Ouganda, le Rwanda et la Guinée. Tous ces pays ont rêvé grand mais la réalité sur le parquet a été tout autre. Les Camerounaises avec quatre victoires et deux défaites ont terminé à la 5e place devant les Mozambicaines qui ont quitté la compétition au 6e rang, le résultat de trois victoires et de trois défaites. Le Mozambique est loin de sa forme éclatante de 1983, 1990, 1993, 2003 et 2005.
Les Ougandaises ne pouvaient espérer mieux que la 8e place. Elles s’en sont sorties avec deux victoires et trois défaites en cinq rencontres. Portées par Jane Asinde, le groupe venu de l’Afrique de l’Est avait donné de l’espoir en sortant leader de son groupe (C) après avoir disposé de la Guinée et du Sénégal se qualifiant directement pour les quarts de finale. Pour de nombreux observateurs cela était déjà un bon signe. Malheureusement, l’Ouganda a joué contre sur plus fort qu’elle à des moments cruciaux. Notamment sa défaite inattendue face aux Sud Soudanaises (68-69).
Les Rwandaises n’ont pas fait mieux que lors de l’édition précédente (2023) où elles avaient occupé le 4e rang à domicile. Elles n’ont obtenu aucune victoire en trois sorties. C’est en toute logique qu’elles sont classées 11e sur 12. Le Rwanda a bu le calice jusqu’à la lie. Avec lui la Guinée. Les Guinéennes ont trop tôt rêvé sans connaître véritablement leur niveau. À l’arrivée Aïcha Mara et ses camarades sont rentrées dans les rangs et sont réparties les mains totalement vides. En trois matchs, elles ont concédé autant de défaites et ont occupé la 12e et dernière place au classement général.
Adou Mel