Afrique

Attaques terroristes contre les dozos au Mali : des milliers de civils se réfugient en Côte d’Ivoire

Par Yaya Kanté14 novembre 2025

Les attaques des terroristes du JNIM contre les chasseurs dozos au Mali provoquent le déplacement de milliers de civils vers la Côte d’Ivoire.

La situation sécuritaire se dégrade au Mali où des terroristes du JNIM attaquent des chasseurs traditionnels dozos dans les localités près de Loulouni à 50 km de la frontière ivoirienne. Cette situation provoque le déplacement de milliers de civils fuyant les violences vers la Côte d’Ivoire. Le jeudi 13 novembre 2025, le Conseil national de sécurité (CNS), présidé par le président Alassane Ouattara, a ordonné la prise en charge de ces réfugiés, et le renforcement de la sécurité dans le nord du pays.

Un nouvelle vague de réfugiés

L’insécurité dans le sud du Mali s’aggrave dans les villages tels que Bilasso ou Koura dans la localité de Loulouni. Le JNIM y intensifie ses attaques, notamment contre les dozos, provoquant la fuite des populations vers les villes maliennes de Kadiolo et Sikasso, mais aussi vers la Côte d’Ivoire.

Les déplacés proviennent de la commune de Loulouni, située à 50 km de la frontière ivoirienne, selon Rfi. Ces milliers d’habitants fuient la zone, parfois à pied et avec le strict minimum, pour échapper aux combats opposant les terroristes aux chasseurs traditionnels. Ces derniers tentent de combler l’absence de l’armée et de l’administration.

les djihadistes ont même utilisé des drones kamikazes pour attaquer le village de Koura

Les attaques du JNIM ont déjà fait une dizaine de morts, dont plusieurs chefs. Mardi soir (le 11 novembre 2025, ndlr), les djihadistes ont même utilisé des drones kamikazes pour attaquer le village de Koura, précise la radio. Le confrère rapporte le témoignage d’un ressortissant de la zone, soulagé d’avoir pu mettre sa famille à l’abri : « Nous avons envoyé de l’argent pour payer le transport vers Sikasso ».

La réponse de la Côte d’Ivoire

Dans son communiqué daté du 13 novembre, cité par Jeune Afrique, le CNS a indiqué être « informé de plusieurs flux inhabituels de réfugiés, en provenance du Mali. Ces flux seraient dus à des attaques perpétrées contre les civils par des groupes armés terroristes, dans plusieurs localités, au sud » du pays.

Face à cet afflux, le Conseil a ordonné la prise en charge des déplacés par « l’enregistrement de ces demandeurs d’asile ». Il a demandé au chef d’état-major général des armées de renforcer la sécurité aux frontières nord de la Côte d’Ivoire.

Cette mesure du CNS survient alors que la Côte d’Ivoire accueille déjà près de 90 000 réfugiés du Burkina Faso, également en proie aux violences des djihadistes mais aussi des supplétifs (VDP) de l’armée burkinabè.

Cette nouvelle vague d’exode vers la Côte d’Ivoire intervient dans un contexte sécuritaire déjà dégradé au Mali. Depuis septembre, le JNIM impose un blocus sur le carburant à Bamako, ciblant les camions-citernes. Plusieurs véhicules ont été incendiés et des chauffeurs tués.

Yaya K

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