Opinion

Attaque de l’aéroport de Niamey : la piste jihadiste se renforce

Par La Rédaction31 janvier 2026

Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, l’aéroport international de Niamey, infrastructure hautement stratégique du Niger, a été la cible d’une attaque armée. Le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, a rapidement mis en cause la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin, les accusant d’avoir commandité une opération menée par des « mercenaires ». Toutefois, les éléments disponibles et le contexte sécuritaire régional orientent davantage vers une action de groupes armés terroristes, révélant les fragilités persistantes du dispositif sécuritaire du régime militaire.

Une attaque visant une installation militaire sensible

Selon les autorités nigériennes, l’attaque, qui aurait duré une trentaine de minutes, visait la base aérienne 101 de Niamey. Ce site stratégique abrite notamment une base de drones ainsi que le quartier général de la force conjointe Niger–Mali–Burkina Faso. Le bilan officiel fait état de quatre militaires blessés, de vingt assaillants tués et de onze personnes interpellées. Des dégâts matériels ont également été signalés, touchant notamment des aéronefs civils, dont un appareil d’Air Côte d’Ivoire.

Accusations politiques sans éléments probants

Dans une déclaration au ton particulièrement virulent, le général Tiani a directement mis en cause Emmanuel Macron, Alassane Ouattara et Patrice Talon, accusés de « sponsoriser » les assaillants. À ce stade, aucune preuve tangible n’a été rendue publique pour étayer ces accusations. La junte a par ailleurs affirmé qu’un ressortissant français figurerait parmi les assaillants tués, une information qui n’a pas été confirmée par des sources indépendantes.

La piste jihadiste privilégiée par les observateurs

Plusieurs signaux renforcent l’hypothèse d’une menace jihadiste1 directe aux abords de la capitale nigérienne. Dès le 16 janvier 2026, les autorités avaient placé la plateforme aéroportuaire de Niamey en alerte maximale, évoquant la crainte d’une attaque imminente dans un contexte de montée en puissance du JNIM, affilié à Al-Qaïda.

Quatre jours avant l’attaque de l’aéroport, une patrouille militaire a été visée par un engin explosif improvisé à Bartchawal, à seulement 20 kilomètres de Niamey, faisant trois morts et dix blessés. Cette attaque a été revendiquée par le JNIM, marquant sa première action officiellement reconnue aussi près de la capitale. Pour de nombreux observateurs, l’attaque de l’aéroport s’inscrit dans cette dynamique jihadiste, bien plus que dans un hypothétique complot impliquant des États voisins.

Une architecture sécuritaire mise à l’épreuve

Alors que la junte nigérienne met en avant le soutien de ses « partenaires russes », cette attaque souligne les limites de la nouvelle architecture sécuritaire instaurée depuis le retrait des partenaires occidentaux. Pour les pays voisins, dont la Côte d’Ivoire, l’instabilité persistante au Niger constitue un enjeu régional majeur en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

Une correspondance particulière de F. KouadioCap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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