Économie

Africa Investment Forum 2025 au Maroc : Nialé Kaba prône le modèle ivoirien pour plus d’investissements privés en Afrique

Par JH Koffo28 novembre 2025

La ministre Nialé Kaba, à l’occasion de l’Africa Investment Forum 2025 qui se tient au Maroc, a prôné le modèle ivoirien auprès des autres pays du continent afin d’attirer davantage d’investissements privés.

« Réduire les écarts : mobiliser les capitaux privés pour libérer tout le potentiel de l’Afrique », tel est le thème de la 8ᵉ édition de l’Africa Investment Forum (AIF), qui se tient à Rabat, au Maroc, du 26 au 28 novembre 2025. Un rendez-vous auquel la délégation ivoirienne était conduite par Nialé Kaba, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, et au cours duquel elle a participé à un dialogue ministériel.

Ce fut l’occasion pour elle de proposer aux autres pays du continent présents des pistes de solutions pour attirer davantage d’investissements directs étrangers (IDE). Selon elle, les pays africains doivent créer des environnements plus prévisibles et plus rapides pour séduire les investisseurs. Elle a rappelé qu’en 2024, l’Afrique a attiré 97 milliards USD (environ 54 902 milliards de FCFA) d’investissements directs étrangers.

Un engagement réaffirmé est nécessaire pour instaurer un climat des affaires moderne et attractif.Citant l’exemple de la Côte d’Ivoire, Nialé Kaba a mis en avant les progrès réalisés, notamment une stabilité politique et macroéconomique. Elle a surtout évoqué des réformes structurantes : refonte du Code des investissements, mise en place de guichets uniques et de tribunaux de commerce, ainsi que la digitalisation accélérée des procédures, appuyée par la BAD.

Ces actions ont porté leurs fruits : le taux d’investissement national a atteint 23,1 % en 2023, avec pour objectif 32,7 % d’investissement privé d’ici 2030 dans le cadre du PND 2026-2030. La ministre a également cité l’innovation financière comme une priorité stratégique, en rappelant le rôle des nouveaux instruments pour réduire les risques : garanties de second rang, titrisation, opération de Dette contre Développement (400 M€), financements liés à la durabilité, ou encore le lancement en 2025 de la Bourse des Matières Premières Agricoles.

Ces innovations permettent, selon elle, d’orienter davantage de capitaux vers les secteurs productifs et d’accélérer la transformation économique.

Dans ce processus, Nialé Kaba a reconnu l’importance de l’AIF pour le financement du développement en Afrique. L’édition 2022 avait ainsi permis à la Côte d’Ivoire de mobiliser 3,17 milliards USD (environ 1 794,22 milliards de FCFA) pour plusieurs projets structurants (BRT, logements, Baie de Cocody).

En termes de propositions pour renforcer le rôle du Forum, Nialé Kaba a suggéré une implication accrue des investisseurs africains et de la diaspora, un meilleur suivi numérique des intentions d’investissement, un dialogue direct et continu entre États, institutions et investisseurs, ainsi que la mise en place d’un guichet unique digital de l’investissement.

Objectif : plus de prévisibilité, de transparence et d’efficacité des réformes, tout en rendant les destinations africaines, à commencer par la Côte d’Ivoire, plus attractives.

Jean-Hubert Koffo

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