KDS Holding est une société ivoirienne qui s’est illustrée dans le domaine du transport en Côte d’Ivoire. Avec plus de 3000 véhicules, ce sont plus de 3000 emplois que la société offrait à des ivoiriens, par lesquels de nombreuses familles trouvaient leurs subsistances.
À l’avènement d’une crise subie par la société, des souscripteurs ont privilégié la voie de la violence, agressant physiquement des employés de KDS dans leurs locaux et salissant l’image de la société sur les réseaux sociaux. Ils espéraient que leurs démarches conduiraient au remboursement de leurs investissements, ce qui n’est pas encore le cas à ce jour. Quel bilan retenir après la mise en détention du PDG Koffo Doga Séverin depuis le 26 juin 2024 ?
Depuis l’arrestation de Koffo, aucun souscripteur n’a perçu un centime. Lorsqu’il était en liberté à ses bureaux, des souscripteurs y étaient régulièrement invités pour percevoir leurs dûs de façon échelonnée. Les dernières rémunérations datant d’avril et mai 2024.
Ses proches assurent que si Koffo était mû par de sombres desseins, il aurait quitté la Côte d’Ivoire depuis belle lurette pour s’établir à l’étranger. Il avait certes des opportunités, mais, confiant aux potentialités de son entreprise, il demandait aux souscripteurs de faire confiance au temps. Il rendait compte des avancées des remboursements au Comité de veille du Trésor public. Sa mise en détention a ouvert la boite de pandore ?
Suite à l’arrestation de Koffo, des chauffeurs se sont éclipsés avec des taxis. Quant aux véhicules parqués dans certains sites, ils sont aujourd’hui dans un état inexploitable avec des pièces qui emportées, des phares ôtés, des moteurs volés… Quant aux minicars de la flotte de KDS, ils ont tous été volés saut un seul. Des véhicules réceptionnés ont été mis en vente, sans bien évidemment pouvoir servir au remboursement. L’arrestation de Koffo a été opérée sans une maîtrise de son activité, sans une évaluation des conséquences de son absence sur le terrain, dans le seul de le punir et de sanctionner une activité irrégulière aux yeux de la loi.
Une mise sous surveillance judiciaire, afin qu’il poursuive ses activités en vue d’un remboursement progressif de ses souscripteurs, aurait été plus profitable à toutes les parties.
Aujourd’hui, des souscripteurs de KDS Holding comprennent que la détention de Koffo leur aura fait plus de mal que de bien.
Monsieur Mahé, souscripteur de KDS, nous a traduit tout son regret : « J’ai souscrit à l’offre de KDS, à hauteur de 5 millions. Même si je ne fais pas partie de ceux qui ont porté plainte contre Monsieur Koffo, j’avoue que son arrestation m’a réjoui. Mais en y réfléchissant, à quoi cela nous a servi ? À rien.
Quand il était dehors, on avait quand même un interlocuteur en face de nous. Quelqu’un qui nous recevait dans ses locaux de la Riviéra. Des souscripteurs passaient pour prendre de l’argent un peu un peu. C’était lent, mais préférable. Le dernier paiement que j’ai reçu date de mai 2024. Mais qui parle de KDS à présent ? On s’est au contraire enfoncé dans un trou plus profond. Sincèrement, je le préfère en liberté plutôt qu’en prison. On apprend qu’il y a beaucoup de véhicules de KDS qui sont volés, tout ça est vraiment triste !”
Avant son arrestation, le PDG Koffo avait réussi à rembourser 40℅ de ses souscripteurs, en présentant les documents de paiement au Comité de veille du Trésor Public. Plus de un an après sa privation de liberté, rien n’a évolué. La prison semble avoir été une mauvaise solution.
Une correspondance particulière de Louis-César BANCÉ