Les lampions du 27e Congrès de l’Union postale universelle (UPU) débuté le lundi 9 août 2021 à Abidjan en Côte d’Ivoire, se sont éteints le vendredi 27 août 2021. Les travaux ont porté sur la digitalisation des services postaux La Stratégie postale d’Abidjan, définie dans ce cadre et à l’occasion, est un appel à une franche coopération entre trois principaux acteurs. A savoir, Etats, les régulateurs et les opérateurs de poste. C’est ce qu’a indiqué le vendredi 27 août 2021, Konaté Lassina, président du Comité scientifique du Congrès, à la conférence de presse de clôture.
Dans cette stratégie, l’UPU appelle chacun de ces acteurs à jouer pleinement son rôle pour atteindre l’objectif principal du Congrès qui est celui de la digitalisation complète du secteur de la poste, afin de le rendre plus productif et innovant, au service des populations.
Dans la pratique, le choix a été laissé à chaque pays d’arrêter des mesures sur réalité. Sur la question, le ministre ivoirien de l’économie numérique, des télécommunications et de l’innovation, Roger Felix Adom a indiqué, lors de la conférence de presse bilan le vendredi 27 août 2021, que le focus sera mis sur les services du e-commerce international.
« De nombreuses opportunités s’offrent à nous. Nous avons aujourd’hui une explosion des échanges internationaux. Nous avons une ouverture grâce au système des nouvelles technologies, à travers notamment le e-commerce international. Quand vous commandez un article partout dans le monde, une fois qu’il arrive à Abidjan, il faut bien que cet article vous soit livré. Tout ceci génère des opportunités pour la poste de Côte d’Ivoire. Donc, ce sera la campagne de digitalisation des services postaux. C’est vraiment la digitalisation qui sera une grande opportunité pour faire en sorte que la poste de Côte d’Ivoire reparte vers la croissance et une stabilité économique », a-t-il fait savoir.
Il s’est réjoui que le 27e Congrès de l’UPU ait été ouvert aux acteurs postaux privés internationaux tels que DHL, Amazone et autres. « Ce sont également des opportunités. Il faut que la poste de Côte d’Ivoire travaille en étroite collaboration avec ces grosses entreprises. Elle peut ainsi générer des opportunités », a appelé le ministre de Roger Félix Adom qui a déploré au passage que la Côte d’Ivoire, en 2005, ait décidé d’enlever à la poste, son service financier pour ne lui laisser que le service postal traditionnel.
« Nous avons une difficulté que les autres pays n’ont pas, notamment le Burkina Faso. Eux, ont conservé le service financier avec les services postaux. Ainsi, c’est beaucoup plus facile de faire venir les usagers dans les agences. Chez nous en Côte d’Ivoire, il a été décidé en 2005 de séparer les deux et axer notre poste exclusivement sur les services postaux », a-t-il fait savoir.
“ Ce qui est réservé aux chauffeurs livreurs ”
Selon le ministre, la digitalisation des services postaux, telle que voulue par la Stratégie postale d’Abidjan, appelle au respect de la loi ivoirienne axée sur les réglementations du Service postal universel. Un texte qui catégorise le type de lettres et de colis devant être, exclusivement, transportés par des entreprises disposant de titres de services postaux. Il s’agit des lettres de moins de 2 kg tout et des colis de moins de 31,5 kg, envoyés entre deux personnes physiques ou morales.
Il a alors eu un message à l’endroit des chauffeurs livreurs. « Pour les chauffeurs livreurs, il faut voir s’ils sont affiliés à une entreprise ou si ce sont des personnes seules qui rendent services à de tierces pour être rémunérés. Tant qu’ils rentrent dans les normes, il n’y aura pas de difficultés. Mais, s’ils ne respectent pas la loi, il faut faire en sorte qu’ils respectent la loi de notre pays. Pas par les sanctions, mais par les explications. (…) Le secteur postal est un secteur régulé. Dans le métier de poste, il y a des règles et des lois. La Côte d’Ivoire est un Etat de droit. Donc, nous devons respecter ces règles. Je ne vais pas m’attarder spécifiquement sur les chauffeurs livreurs, mais il est important que tout un chacun connaisse le règlement postal », a-t-il interpellé.
“ Les contributions et la question des Frais terminaux”
Outre la stratégie postale d’Abidjan, le 27e Congrès de l’UPU a permis aux postiers du monde de plancher sur certains points du règlement de l’Union. Il s’agit entre autres, de la question liée aux contributions des membres pour le fonctionnement de l’Union, et de celle liée aux frais terminaux.
Sur les contributions, les Congressistes ont adopté une résolution décidant d’annexer le système de contribution sur le niveau économique de chaque Etat, comme c’est le cas à l’ONU. L’UPU vivait en effet, jusqu’au Congrès d’Abidjan, sur des contributions volontaires. Une stratégie qui aurait montré ses limites avec un budget de fonctionnement qui n’a pas cessé de se réduire. « Il fallait donc réfléchir à des solutions durables pour assurer la pérennité de l’organisation », a confirmé Konaté Lassina, président du Comité scientifique du Congrès.
Sur la question liée aux frais terminaux, Konaté Lassina a indiqué que des décisions ont été prises pour qu’il y ait beaucoup plus d’égalités dans la rémunération des frais postaux dans les différents pays, qu’ils soient des pays riches ou en voie de développement. « Les frais terminaux sont une sorte de compensations entre les différents Etats, dans leurs transactions postales au quotidien. Des décisions ont été prises pour beaucoup plus d’égalités dans la rémunération des services, quel que soit le pays », a-t-il expliqué.
Le 27e Congrès de l’UPU a aussi adopté une résolution engageant les agences postales des pays membres à réduire leurs activités de l’émission de gaz à effet de serre. Ceci, afin d’aider à la lutte contre le réchauffement de la planète.
J-H Koffo