Nul n'est à l'abri de tout ce qui est terrorisme : Titi Camara, ex footballeur international guinéen

 A Abidjan dans le cadre d'un match de gala de football en hommage aux victimes de l'attaque terroriste de Grand-Bassam de mars 2016,  qui a lieu samedi 12 août 2017 dans cette ville, l'ex-international joueur guinéen Aboubacar Titi Camara s'est confié à afrikipresse.fr.

 Après décembre 2016, vous êtes de retour à Abidjan. Quelle signification donnez-vous à ce retour ?

C'est avec une grande joie que je me retrouve parmi vous. Nous avons connu les Éléphants de 1992 avec Abdoulaye Traoré à qui je suis très ami. J'ai eu aussi la chance de jouer avec Cyrille Domoraud à l'Olympique de Marseille. Quand ces deux joueurs m'ont sollicité pour le match de gala en hommage aux victimes de Grand-Bassam, je n'ai pas hésité un seul instant à venir, parce que j'estime que c'est un honneur, et surtout un devoir pour moi de participer à cet événement. A travers le football, on fait passer un message. Evidemment ici, il s'agit de rendre un hommage aux victimes de l'attaque terroriste de Grand-Bassam.

Qu'avez-vous ressenti lors de la visite de cette ville ?

Naturellement beaucoup d'émotions, mais surtout l'honneur que j'ai eu de déposer une gerbe de fleurs sur la stèle dédiée aux victimes. J'ai ressenti également de l'émotions en visitant la mairie, le musée, la plage et les autres sites touristiques. Je partage la peine et la douleur des parents des victimes. Je prie que les victimes reposent en paix.

A l'époque, comment aviez-vous accueilli la nouvelle de cette attaque terroriste ?

J'ai été choqué et même terrorisé. Nul n'est à l'abri de tout ce qui est du terrorisme que ce soit en Afrique ou en Europe. La Côte d'Ivoire et la Guinée sont tellement liées que quand un pays est touché, l'autre le ressent également. J'avoue qu'à l'époque tout le monde était sous le choc, surtout que les terroristes s'en sont pris à des innocents.

Parlons du football guinéen. On sent que les lignes bougent. Peut-on dire que la Guinée a marqué son retour sur la scène continentale ?

On ne parlera de retour que si nous gagnons des trophées sur la scène continentale. Après le règne du Hafia qui a remporté à trois reprises la Coupe d'Afrique des Clubs Champions,  et après le seul trophée du Horoya AC en Coupe d'Afrique des Vainqueurs de coupes, toutes deux aujourd'hui disparues, cela fait plus de 30 ans que la Guinée connaît une disette. Il est vrai qu'elle se qualifie de temps en temps pour la CAN, mais mon souhait est qu'on mette en place un projet qui puisse nous permettre d'aller chercher le trophée que nous recherchons depuis 1976, date de notre finale perdue. Nous devons prendre l'exemple de la Côte d'Ivoire, du Sénégal et d'autres pays et le mettre en pratique chez nous. Après la victoire du Sily National sur les Éléphants à Bouaké, il y a eu un ouf de soulagement, parce que cela fait des années que la Guinée n'avait pas battu la Côte d'Ivoire.

Justement comment, vous, un ancien international guinéen, avez-vous accueilli cette victoire qualifiée d'historique ?

Naturellement j'étais content et fier de l'équipe. Vous savez que la Guinée a toujours eu de très bons joueurs. Aujourd'hui le fer de lance est Naby Keita, qui évolue en Allemagne. Il représente l'âme de l'équipe. Qu'il continue de briller dans son club, et avec lui les autres joueurs. J'espère que cette victoire est le début des succès que l'équipe va engranger dans les prochains matches, et qui vont nous conduire à la CAN 2019 au Cameroun.

Depuis février 2017, il y'a un changement à la tête de la FEGUIFOOT avec l'élection d'un nouveau Comité Exécutif que conduit Antonio Souaré. Quel jugement portez-vous sur ce changement ?

Il y'a effectivement un nouveau Comité Exécutif. Le président Antonio Souaré a beaucoup de moyens. On peut avoir beaucoup de moyens, mais cela ne suffit pas , car il faut savoir s'entourer d'hommes capables de vous accompagner dans la mission. Nous, nous nous attendons à des actes avec la mise en place des catégories minimes, cadettes et juniors, qui puissent faire des compétitions durant dix mois. Sans oublier l'encadrement au plan administratif par l'octroi de moyens conséquents aux clubs. C'est à partir de là qu'on pourra sentir le changement opéré.

Puisque vous parlez de jeunes, comment se portent les centres de formation en Guinée ?

Dans l'ensemble ça va. Nous essayons de copier sur l'Europe, mais ensuite adapter cela au contexte guinéen. Notre objectif est que les enfants aillent à l'école, jusqu'à l'obtention du baccalauréat. Maintenant, ceux qui veulent continuer à pratiquer le football vont le faire dans les clubs européens. C'est le rêve de tout jeune guinéen et même africain. Comme je le dis souvent, il faut se préparer en conséquence car après le football, il y a une vie.

Il y'a eu un symposium de la CAF qui a décidé de l'augmentation du nombre d'équipes à la CAN (de 16 à 24), et du nombre de stades (de 4 à 6). Quel est votre avis sur ces deux questions ?
 Il est vrai qu'il y'a une grosse polémique autour de ces deux questions, mais l'on oublie le cas des clubs, pourvoyeurs de joueurs aux sélections, qui a été aussi discuté. Je pense qu'il faut se retrouver entre techniciens du football, et voir ce qui est rentable pour un pays. On connaît des pays qui ont vu la CAN  en grand, mais après qui ont des problèmes de remplissage des stades. Il faut discuter pour voir comment rentabiliser à travers des exemples d'autres pays. Construire des stades de moins de 60.000 ou 50.000 places mais des stades évolutifs. Toutefois le plus important doit être les aires de jeu. Qu'elles soient en bon état. Il faudrait aussi que les calendriers des différents championnats africains soient harmonisés de sorte à faire débuter les compétitions au même moment, sur dix mois et faire bénéficier par la même occasion des deux mois de vacances, aussi bien aux sélections nationales qu'aux clubs.

    Entretien realisé par Adou Mel

Dernière modification le 12/08/2017

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Adou Mel

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