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Foot, recul de la Côte d’Ivoire dans le ranking Caf : la Fif répond aux accusations de Ouégnin

Ci dessous l’intégralité d’un communiqué transmis par le service communication de la Fédération ivoirienne de football, en réponse à des accusations du Président de l’Asec Momisas, Roger Ouégnin.

« Dans divers articles publiés ces derniers jours par les canaux de communication officiels du club, Me Roger Ouégnin, Président du Conseil d’Administration de l’Asec Mimosas, accuse sans fournir de preuves le Comité Exécutif de la Fédération Ivoirienne de Football d’être responsable des performances mitigées des clubs ivoiriens dans les coupes africaines. Pis, dans une dérive narcissique qu’on s’explique difficilement, il va même jusqu’à narguer, voire insulter, les autres clubs nationaux. Ces sorties vraiment regrettables méritent un léger recadrage.

Les coupes africaines interclubs 2018-2019 sont au stade des demi-finales. Les matches aller se disputeront ce week-end. Les clubs ivoiriens sont absents des derniers carrés. Cette saison, en Ligue des champions, l’Asec Mimosas a été éliminé en phase de poules, en terminant dernier de son groupe. Quant au second représentant, le Sporting Club de Gagnoa, il a été sorti au tour préliminaire par la JS Saoura d’Algérie (0-2, 0-0). En Coupe de la Confédération, le Stade d’Abidjan s’est arrêté au premier tour en s’inclinant devant l’Etoile du Sahel de Tunisie (0-3, 1-0). Le FC San Pedro, lui, n’a pu franchir le tour de cadrage, l’ultime étape avant la phase de poules, pliant l’échine face au Nkana FC de Zambie (0-3, 0-0).

Sur la base des résultats enregistrés dans ces différentes coupes continentales jusqu’en quarts de finale, et au regard des critères prévalant jusque-là pour l’élaboration du classement de la Confédération Africaine de Football (CAF) des pays en fonction des performances dans les compétitions interclubs dénommé « Ranking CAF », certains observateurs ont établi un classement prévisionnel pour la saison 2020-2021. Classement qui n’est donc nullement celui officiel de la CAF puisque la saison 2018-2019 n’est pas encore achevée. En pareille circonstance, la sagesse recommande d’attendre la notification officielle de l’instance dirigeante du football africain avant de tirer des conclusions. Le Comité Exécutif de la CAF étant souverain, il peut modifier les critères. Comme il l’a fait récemment pour l’élaboration des chapeaux du tirage au sort des poules de la CAN 2019, chamboulant les prévisions des observateurs.

C’est dans ce contexte que le Président du Conseil d’Administration de l’Asec Mimosas, Me Roger Ouégnin, tenant compte de ce classement prévisionnel 2020-2021 non officiel mettant la Côte d’Ivoire au 13è rang, donc perdant le privilège des pays du top 12 d’engager quatre représentants dans les coupes africaines, a publié une série d’articles, ces derniers jours, dans les supports de communication officiels du club. Dans un narcissisme de mauvais aloi, il nargue et insulte les autres acteurs du football ivoirien : « Les bons résultats de l’Asec Mimosas lors des deux dernières saisons en Coupe d’Afrique n’ont pas suffi à maintenir le pays à flot. L’arbre mimosas (27è club africain au classement des 5 dernières saisons) a longtemps caché une forêt très malade ».

Pis, il accuse sans la moindre preuve le Comité Exécutif de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) d’être responsable des performances mitigées des clubs ivoiriens dans les coupes africaines. « Après avoir dégringolé à la 65è place mondiale et à la 11è place africaine au classement FIFA des équipes nationales, l’exclusion du top 12 du classement des fédérations pour les compétitions interclubs, derrière la Tanzanie, est un nouvel indicateur du recul inexorable du football ivoirien dans toutes ses composantes puis l’avènement du Comité Exécutif actuel de la Fédération Ivoirienne de Football », peut-on lire.  

Evidemment, l’homme étant coutumier du fait, ses propos ne sont que des affirmations gratuites dénuées de toute objectivité. Car, en quoi le Comité Exécutif de la FIF est-il responsable des résultats acquis sur le terrain par les clubs ivoiriens dans les coupes africaines ? A-t-il eu une influence directe sur ces résultats ? A-t-il posé des actes ayant empêché les représentants ivoiriens d’aller loin dans les coupes africaines ? N’a-t-il pas joué son rôle administratif de créer les conditions d’une saine émulation des clubs nationaux sur l’échiquier continental ? N’organise-t-il pas de championnats réguliers ? N’apporte-t-il pas de concours financiers aux clubs engagés dans les compétitions continentales ?

La réalité est que le Comité Exécutif de la FIF ne saurait être tenu pour responsable des performances mitigées des clubs ivoiriens dans les coupes africaines. Lui qui chaque année met à disposition de ses représentants une dotation Coupe d’Afrique de 100 millions de F CFA. Sans oublier des droits tv de plus d’un milliard de F CFA. Les raisons de la position peu enviable de la Côte d’Ivoire au Ranking CAF sont essentiellement sportives, à savoir le fonctionnement même de ce classement et les résultats des clubs ivoiriens.
 
Comprendre le Ranking CAF

Le classement, institué en 2004, prend en compte les performances des clubs lors des cinq dernières années avec un décalage d’un an. Après la réforme du calendrier des compétitions interclubs par la CAF en décembre 2017, la saison s’étend désormais à cheval sur deux années. Ainsi, pour l’établissement du classement « 5 year Ranking CAF » de la saison 2018-2019, ont été prises en compte les performances réalisées par les clubs sur la scène continentale de 2013 à 2017.

A chaque étape franchie, la CAF a fixé le nombre de points engrangés comme suit.

En Ligue des champions, ce sont : vainqueur (6 points), finaliste (5 points), demi-finaliste (4 points), quart-finaliste (3 points), 3è de poule (2 points) et 4è de poule (1 point).

En Coupe de la Confédération, ce sont : vainqueur (5 points), finaliste (4 points), demi-finaliste (3 points), quart-finaliste (2 points), 3è de poule (1 point) et 4è de poule (0,5 point).

De plus, un coefficient est affecté à chaque année par ordre croissant : 2013 (1), 2014 (2), 2015 (3), 2016 (4), 2017 (5).

Les points engrangés par les clubs dans une année sont multipliés par le coefficient de l’année. Par exemple, Al Ahly, vainqueur de la Ligue des champions en 2013, ne rapporte que 6 points à l’Egypte avec cette victoire. Alors que le WAC de Casablanca, vainqueur de la même compétition en 2017, rapporte 30 points au Maroc.

Les calculs ainsi faits, on a additionné les points durant cette période (2013-2017) et un classement des 56 pays membres de la CAF a été établi.

Les douze premiers au classement ont le privilège d’engager un représentant supplémentaire dans chacune des compétitions africaines interclubs, à savoir la Ligue des champions (C1) et la Coupe de la Confédération (C2).

Observations sur l’évolution de la Côte d’Ivoire au Ranking CAF

 Depuis l’instauration du Ranking CAF en 2004, la Côte d’Ivoire a toujours figuré dans le top 12, sauf en 2014 et 2015. Cette situation s’explique essentiellement par le passage à vide des clubs ivoiriens sur l’échiquier continental entre 2009 et 2012. Les bonnes performances du Séwé Sport de San Pedro en 2013 en Ligue des champions (3è en phase de poule) et en 2014 en Coupe de la Confédération (finale) combiné à la 4è place de l’Asec Mimosas en phase de poules, ont ramené la Côte d’Ivoire dans le top 12 à partir de 2016.

Malheureusement, le constat de ces cinq dernières années est peu reluisant, malgré les appels réguliers de la Ligue Professionnelle à faire des efforts. Les clubs ivoiriens se sont illustrés par des performances moyennes avec notamment deux dommageables années blanches en 2015 et 2017.

En 2015, le Séwé Sport en C1 et l’Asec Mimosas en C2 avaient été éliminés respectivement par l’AS Kaloum (Guinée) et le CS Sfaxien (Tunisie). En 2017, dans les deux compétitions, l’AS Tanda, le Séwé Sport, le Sporting Club de Gagnoa et l’Asec Mimosas avaient été sortis respectivement par Platinum Stars (Afrique du Sud), Gambia Ports Authority (Gambie), MAS de Fès (Maroc) et CF Mounana (Gabon).

En 2016, 2018 et 2019, la Côte d’Ivoire a pu engranger des points grâce à l’Asec Mimosas et au WAC de Williamsville. Mais, aucun n’a pu passer la phase de poules.

La conséquence est que la Côte d’Ivoire s’est régulièrement exposée au risque de se faire coiffer par des pays émergeants comme la Guinée, l’Angola, la Tanzanie, le Kenya, le Mozambique et l’Ouganda. Pour les saisons 2018 et 2018-2019, elle a pu se maintenir de justesse dans le top 12. Qu’en sera-t-il pour 2019-2020 et 2020-2021 ? On attend de voir, mais ces deux années blanches de 2015 et 2017 pourraient peser lourd en défaveur de la Côte d’Ivoire.

Savoir se remettre en cause

Cependant, même si notre pays devait sortir du top 12, ce ne serait pas la fin du monde au point de donner dans la diatribe. C’est une situation que le football ivoirien a déjà eu à traverser. Plutôt que de s’invectiver, l’heure serait à la remise en cause, à la réflexion à travers les Etats généraux du football que propose la FIF et à redoubler d’effort pour remonter rapidement la pente. Au regard des critères actuels, la Côte d’Ivoire devrait avoir quatre représentants pour la saison 2019-2020. Il serait alors judicieux pour les clubs ivoiriens de passer au moins la phase de poules pour revenir dans le top 12 dès la saison 2021-2022.

A l’analyse, avec le passage à 4 poules dans chacune des deux coupes africaines, il apparaît clairement que se qualifier pour la phase de poules ne suffit plus, à plus forte raison terminer dernier du groupe. Il importe de disputer au moins les quarts de finale pour se donner des chances de figurer dans le top 12. Telle devrait être la vraie aspiration de tous les acteurs du football ivoirien.

Les Etats généraux que propose la FIF sont une formidable occasion pour se remettre en cause, mener la réflexion et prendre des décisions communes pour rendre les clubs ivoiriens plus compétitifs sur l’échiquier continental.  

Département Communication de la FIF ».

 

Dernière modification le 27/04/2019

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