CAN 2019 : l'Égypte à la mesure de l'enjeu sécuritaire

Alors que certains redoutent des actes terroristes durant la Coupe d'Afrique des Nations qui se déroulera en Égypte du 15 juin au 13 juillet prochains, le pays a de sérieux arguments à faire valoir concernant la sécurité de l'événement.

Défi sécuritaire…

Lorsque la France a organisé l'Euro de football, en 2016, elle sortait d'une période d'un an et demi au cours de laquelle 150 personnes avaient perdu la vie dans des attaques terroristes. Pourtant, Paris, l'une des cibles principales de Daesh, avait su rassurer sur ses capacités à sécuriser les hauts lieux de la compétition — les stades, mais également les « fan zones ». L’événement s'était déroulé sans un accroc.

Début janvier, l'Égypte a été désignée par le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) pour organiser la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) – soit l' « Euro africain » – cette année. Le pays est lui aussi visé par des mouvances terroristes, au premier rang desquelles Daesh. Certains médias se sont fait l'écho de mises en garde affirmant que Le Caire ne serait pas en mesure d’assurer la sécurité de l'événement sportif, l'un des plus importants du continent, qui doit accueillir 23 équipes (en plus de la sélection égyptienne) et des centaines de milliers de supporters.

Lors de la conférence de presse suivant l'annonce du comité exécutif, Ahmad Ahmad, le président de la CAF, évoquait à demi-mot les problèmes sécuritaires auxquels sont confrontées les autorités égyptiennes. « Toutes les opérations sur la préparation vont commencer maintenant. La CAF va travailler étroitement avec l'Égypte pour qu'on aille de l'avant. Nous savons les défis et les problèmes qui existent. Nous pouvons demander le soutien de nos partenaires, dont la FIFA, ou d'autres pays, pour nous aider à organiser cette CAN 2019. »

…que l’Égypte est prête à relever

Alors, pourquoi confier l’organisation de l’événement à l’Égypte en dépit de l’existence de cette menace ? Certains, à l’instar d’un dirigeant de fédération africaine, n'ont pas manqué de souligner que « les Égyptiens étaient les plus motivés, les plus enthousiastes à l'idée d'organiser la CAN ». Surtout, il semblerait insensé que l'Égypte ait présenté un dossier de candidature tout en ayant des doutes quant à la sécurité de l'événement. Le Caire n'est-elle pas, en effet, à la pointe de la lutte antiterroriste dans la région depuis des années ?

« Au cours des dix derniers mois, l'armée a atteint plusieurs des objectifs stratégiques qu'elle s'était fixés. Elle a réussi à liquider ou à capturer plusieurs dirigeants [djihadistes] », estime Ahmad Kamel Al-Beheri, chercheur spécialiste des questions de sécurité régionale.

Celui-ci de rappeler qu'avec l'expansion du terrorisme sur le territoire égyptien, depuis 2013, le gouvernement a mis au point une vision pour lutter contre les actes terroristes, notamment au Nord-Sinaï, où sont basés les djihadistes affiliés à Daesh. Et, plus de 5 ans après, les effets positifs ne manquent pas. « Notamment la baisse considérable du nombre et de l'ampleur des attentats terroristes au Sinaï en 2018 par rapport aux années précédentes, ainsi que la baisse du nombre de victimes dans les rangs des forces de sécurité. » Mais également la perte du contrôle, par les organisations terroristes, des villes et villages de cette région.

D'après Ahmad Kamel Al-Beheri, « on peut s'attendre au maintien de cette tendance en 2019 », ce qui est de bon augure pour l'organisation de la CAN. La raison ? Le Caire a pris la problématique terroriste très au sérieux. Et a modelé son administration autour du fait sécuritaire. En créant par exemple un Conseil national de lutte contre le terrorisme en juillet 2017, chargé, notamment, de mettre en place une « stratégie nationale globale », d'accompagner le développement économique des régions touchées par les attentats et de promouvoir un discours religieux modéré. Mais également de prévenir tout acte terroriste en organisant des patrouilles de l'armée et de la police.

L'Égypte dispose de plus de 140 jours pour finaliser ses préparatifs, dont une grande partie sera évidemment consacrée à l’aspect sécuritaire. Les villes retenues pour accueillir les matches (Le Caire, Alexandrie, Port-Saïd, Suez et Ismaïlia) ne sont d'ailleurs pas le fruit du hasard, puisqu'elles se trouvent dans un secteur géographique rapproché, afin de limiter les déplacements et de faciliter la logistique. Le pays est sur la bonne voie : la première inspection des installations par la CAF, qui a eu lieu le 3 février dernier, s’est déroulée sous les meilleurs auspices.

« Toutes les infrastructures que nous avons visitées sont bonnes », a déclaré à l'AFP le directeur des compétitions de la CAF, Samson Adamu. Sur le plan sécuritaire, « les dispositions vont être prises », a indiqué la directrice de la communication de la CAF, Nathalie Rabe. « On est confiants, on sait que ça va se faire, que tous les stades vont être équipés de (salles) de contrôle », a-t-elle ajouté. Avant de conclure : « L'Égypte sera prête ».

Ali Khouri

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