CAN 2017 : après Éléphants-Léopards , le sélectionneur de la RDC parle : si nous avions perdu

Jean Florent Ikwange Ibengue, le sélectionneur des Léopards est revenu en exclusivité pour Afrikipresse.fr sur l‘opposition Côte d’Ivoire-RD Congo qui a vu les deux formations se séparer sur un score de parité (2-2) le vendredi 20 janvier 2017 à Oyem dans le match de la 2ème journée du groupe C. C’était le samedi 21 janvier à l’entraînement des Léopards.

Avec du recul pensez-vous que le résultat obtenu face à la Côte d’Ivoire est bon pour vous ?

Oui puisque nous gardons toujours la tête du groupe. N’oubliez pas qu’après le tirage au sort, de nombreuses personnes ont minimisé notre groupe estimant que c’est un groupe moins relevé. Mais à l’analyse, c’est un groupe difficile où tout le monde peut battre tout le monde. Même le Togo qu’on minimise , a ses chances de qualification. Dès le départ, j’ai dit que l’équipe du Togo est une grosse surprise et qu’il fallait s’en méfier. Il n’y a qu’à voir son match contre la Côte d’Ivoire pour s’en rendre compte. Même face au Maroc elle n’a pas été mauvaise, elle a commis des erreurs individuelles sinon collectivement c’est un bloc très bon. Nous, nous avons voulu être le deuxième pays qualifié après le Sénégal mais cela n’a pas marché. Cela dit, notre objectif étant d’être parmi les deux premiers du groupe, je peux dire que pour le moment tout se passe bien.

Votre équipe a réalisé une première période formidable mais a été en difficulté en seconde période. Cela est dû à quoi selon vous ?

Il y a d’abord la qualité même de l’adversaire qui ne relâche pas. Et puis l’équipe ivoirienne nous a mis en fébrilité notamment sur les coups de pied arrêtés. Quand vous menez et que l’adversaire revient au score et vous met en difficultés, vous êtes sur deux chaises où vous ne savez plus s’il faut défendre ou continuer d’attaquer. Nous avons trop reculé et puis les blessures ne nous ont pas aidés. La blessure de notre latéral droit m’a obligé à le remplacer par un milieu de terrain pour désorganiser mon milieu.

Ce match contre la Côte d’Ivoire était-il pour vous celui de la revanche rapport à la CAN 2015 en Guinée Equatoriale ?

Non pas du tout. Il ne faut pas revivre le passé. Aujourd’hui, c’est une autre génération et une autre équipe avec une autre compétition. On n’entre pas sur le terrain avec un esprit de revanche mais pour gagner un match donc un adversaire. Généralement on parle de revanche quand il y a eu une guerre ou une animosité entre deux pays où chacun veut se venger. Or à ma connaissance, il n’y a jamais de problèmes entre nos deux pays. Ce n’est qu’un simple jeu (rire).

Que dites-vous du but ivoirien refusé à Salomon Kalou ?

Sincèrement je n’ai pas encore revu l’action donc je ne peux véritablement me prononcer. Dans tous les cas, hors jeu ou pas, tant mieux pour nous et tant pis pour la Côte d’Ivoire. Ce sont les aléas d’un match de football. Il y en a eu, il y en a et il n’y en aura toujours. Rappelez-vous, lors de notre confrontation à Kinshasa en 2014 lors des éliminatoires de la CAN 2015, la Côte d’Ivoire a inscrit un but parti d’un coup-franc qui ne devait être sifflé en réalité. C’est dire que ce sont des choses qui arrivent.

À chaque fois que vous meniez que se passait-il dans votre tête ?

C’est là qu’on doit progresser parce que vous avez la possibilité d’alourdir le score mais quand vous vous faites rejoindre à chaque fois au score , cela veut dire qu’il y a problème donc vous devez vous remettre au travail.

Si vous la RD Congo avait été battue sur ce match , que se serait-il passé ?

Nous aurions toujours eu des possibilités de nous qualifier. La seule chose qui compte c’est de se retrouver au deuxième tour.

Justement vous affrontez le Togo pour votre dernier match de groupe. Comment voyez-vous déjà cette rencontre ? Allez-vous l’aborder relaxe ?

Le Togo n’est pas encore éliminé parce que s’il nous gagne , il peut se qualifier donc nous n’allons pas jouer relaxe. C’est même un match qui va être compliqué donc nous allons l’aborder comme les deux premiers c'est-à-dire avec beaucoup de sérieux.

On sent vos joueurs inspirés et combatifs. Quelle est la source de cette combativité ?

Ils ont envie de faire une bonne compétition. Mais je crois qu’ils ne sont pas les seuls. On voit bien que les autres matchs sont très disputés. S’il y a de nombreux cas de blessure cela veut dire que les joueurs sont déterminés. Il est vrai que nous ne sommes pas aidés par l’état du terrain mais nous n’allons pas pleurer pour autant. Nous n’allons pas le dire cent sept fois. J’avoue que nos joueurs comme ceux de la Côte d’Ivoire ont bien dormi parce qu’ils ont vraiment mouillé le maillot et on ne peut pas leur dire le contraire.

Vous jouez votre dernier match à Port-Gentil. En cas de qualification et selon votre position vous devez revenir jouer à Oyem. Tous ces déplacements ne seront-ils pas éprouvants au plan physique ?

Cette question est très pertinente. C’est gênant, vraiment très gênant de voyager de cette manière, aller à Libreville avant de rejoindre Port Gentil et éventuellement refaire le mouvement inverse j’avoue que c’est terrible. Pour ce troisième match, il n’ y'a pratiquement pas de problème puisque le Togo qui est notre adversaire sera dans les mêmes conditions. Mais quand on voit tout le trajet et toutes les tracasseries autour, c’est vraiment éprouvant si nous devons revenir jouer les quarts de finale à Oyem.

Entretien réalisé par Adou Mel (Envoyé spécial à Oyem au Gabon)

Dernière modification le 22/01/2017

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