Après sa condamnation en Égypte : les vérités de Issa Hayatou, ex-Pdt Caf

C’est avec effarement que j’ai pris connaissance du « jugement » rendu par la Cour économique égyptienne le 26 novembre 2018, et relatif à une plainte introduite par l'Autorité égyptienne de la concurrence début 2017. Ladite plainte faisait suite à la désignation de Lagardère Sports, par la CAF, comme agence marketing et média pour la commercialisation, au nom de la CAF, des droits des principales compétitions de la CAF jusqu'en 2028, pour une garantie minimale de un milliard de dollars US (1 000 000 000$).

« Le jugement » m’impose à titre individuel, ainsi qu’à M. El Amrani, ancien secrétaire général de la CAF, une lourde amende de 500 millions de livres égyptiennes (environ 27,9 millions de Dollars US) chacun, soit un total d’un milliard de livres égyptiennes (environ 55,8 million de Dollars US), tout en dédouanant la CAF de toute responsabilité. Ce verdict est passablement grotesque et ne trouve point de justification en ceci qu’il constitue un mépris flagrant des faits et des dispositions de la loi égyptienne et internationale sur la concurrence.

M. El Amrani et moi avons en tout temps, et plus particulièrement dans le cas précis du contrat avec Lagardère Sports visé, agit es-qualités et avec un mandat dûment délivré par le Comité Exécutif de la CAF comme en attestent les délibérations successives et procès-verbaux. La décision de la Cour économique égyptienne de nous condamner tout en dédouanant la CAF a été prise en violation flagrante de l’article 25 de la loi Egyptienne sur la concurrence, les individus concernés et l’entité représentée étant juridiquement indissociables et solidairement responsables.

La CAF et son Comité exécutif ont renouvelé le partenariat avec Lagardère Sports en Juin 2015, à travers un mémorandum d’entente. Cet accord, approuvé à l'unanimité des membres du Comité, dans le respect total des procédures contractuelles et légales, a été obtenu à la suite de négociations entamées en septembre 2014 et impliquant un grand nombre de représentants, dont un groupe de travail de la CAF, la commission de Marketing Stratégique de la CAF, une agence spécialisée dans le droit du sport, ainsi que l'administration de la CAF, le tout dans le cadre du mandat émis par le Comité exécutif.

En septembre 2016, un jour seulement avant la signature de l’accord long forme avec Lagardère Sports, une société égyptienne dénommée « Présentation » a soumis à la CAF une feuille de papier d’une page – qualifiée «d’offre» - proposant 1,2 milliard de dollars américains pour l’achat des droits commerciaux. Il n’est pas inutile de rappeler que les droits commerciaux n'ont jamais été mis en vente, mais seuls les contrats de licences étaient envisagés.

Le Comité exécutif de la CAF a unanimement rejeté ladite «offre» de « Présentation », soumise plus d’un an après la signature du mémorandum d’entente CAF / Lagardère Sports, provenant d’une entité inconnue, affichant un capital de moins de cent mille dollars US (100.000$) et ne présentant aucune garantie. Au moment de cette décision du Comité, le président en exercice de la CAF en était membre ainsi que sept (7) autres personnes qui siègent encore actuellement au sein dudit Comité.

Malgré le fait indéniable que l'accord conclu entre la CAF et Lagardère Sports est un contrat d'agence, la Cour économique égyptienne a qualifié cet accord comme contrat de vente. Cette qualification incorrecte est en totale contradiction avec les dispositions de l’accord et des documents soumis.

Durant toute ma présidence à la CAF, tous les actes posés l’ont été dans le strict respect des Statuts et règlements et toujours dans l’intérêt du football Africain. La preuve, s’il en était encore besoin, en est que le contrat signé avec Lagardère Sports est toujours maintenu en vigueur par l’Exécutif actuel de la CAF et continue à produire ses effets.

Il ne fait donc pas de doute que, depuis le début, cette affaire est orchestrée avec un agenda politique et pour le bénéfice de certains individus, et ce, en ternissant ma réputation et celle de l’ancien Secrétaire Général.

Je ferai naturellement appel de cette décision, tout en me réservant le droit de porter l'affaire devant tout autre tribunal international compétent, et ce afin de mettre un terme définitif à cette diffamation intolérable et aux atteintes répétées à mon honneur.

28 novembre 2018

ISSA HAYATOU

Dernière modification le 29/11/2018

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