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Vos camarades nous lapident...: sortie de prison, une étudiante ivoirienne accuse

Kouamé Affoué Denature, Seka Apo Cathérine et Gnatanou Nanou Virginie sont les trois ex-détenues de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Elles avaient été arrêtées et conduites à la prison lors de la marche de la FESCI le 14 septembre dernier. Gnatanou Nanou Virginie, porte-parole des trois, témoigne.

« Le lundi à 9 heures nous étions dans notre chambre à la cité Mermoz, bâtiment  C deuxième palier. Nous étions toutes dans nos chambres lorsque j’ai entendu, je dirais, un coup de feu. Je me suis donc dirigée vers la fenêtre pour voir ce qui se passait . Je voyais le gaz lacrymogène se propager un peu partout dans la cité,  et des policiers. J’ai dit à ma voisine qu’on ne peut plus sortir, et qu’il vaut mieux rester dans les chambres en attendant que tout se calme. Depuis nos chambres, on entendait les policiers dire, « on rentre ». J’ai dit à ma voisine « aujourd’hui sera un jour difficile ». Dès qu’ils sont rentrés, nous avons entendu des coups de pieds dans les portes.

J’ai alors conseillé à ma voisine qui était totalement nue, de se rehabiller. En quelques secondes, ils ont défoncé notre porte, et nous ont intimé l’ordre de sortir. Lorsqu’on sortait, ils nous ont dit qu’ils nous amenaient en lieu sûr. Lorsqu’on est reparti dans nos chambres pour prendre nos chaussures, on a constaté que nos « sauveurs » étaient en train de nous voler. Ils fouillaient nos sacs et prenaient nos téléphones. Dans les couloirs, il y avait la fumée qu’occasionnaient les gaz. On s’est vite rendu compte qu’ils n’étaient pas là pour nous secourir. Arrivées au niveau du portail de la cité, ils nous ont dit de sortir. Une fois sorties, ce sont des coups de matraques qui nous ont accueillies. Ils nous ont intimé l’ordre de monter dans leur cargo, en disant : « vos camarades nous lapident, donc on va tous vivre cela » .

Nous leur avons dit que nous sommes des filles, et avons demandé quelle fille les a donc lapidés. Quand je montais, la plus petite était déjà dans le cargo ( celle dont les réseaux sociaux disent qu’elle a frappé trois policiers NDLR ), et avait déjà subi des sévices corporels. Elle a été violentée. Depuis la chambre, des policiers qui doivent défendre le citoyen s’étaient mis à lutter le pagne d’une fille qui n’avait qu’un seul caleçon en bas. Quel était leur projet en voulant coûte que coûte la déshabiller.  Quel était l’objectif ? Ils ont dit à cette dernière, « si tu t’amuses nous allons mettre le poing dans ton C… ». Elle a pris peur et a dit à sa voisine ‘descendons’…. »

 HIlaire Gueby

Dernière modification le 14/10/2017

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Hilaire Gueby

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