Retour au pays des 2 ivoiriennes battues au Maroc, l’avocat Martin Dogo Koudou pas autorisé à les défendre

Du nouveau dans l’histoire des deux ivoiriennes prénommées Nina et Chantal résidentes au Maroc, qui avait été révélée par les réseaux sociaux.

Nina et Chantal avaient été violemment séquestrées nues, par de jeunes camerounais le 4 août 2017. La scène avait été filmée puis balancée sur les réseaux sociaux. À la suite de l’indignation générale qu’avait provoquée cette affaire, Me Martin Koudou Dogo, avocat inscrit au barreau d’Abidjan avait décidé, de façon gratuite, de tenter de restaurer la dignité de ces jeunes dames en prenant leur défense devant les juridictions du royaume chérifien.

Mais les autorités judiciaires du Maroc viennent de notifier à l’avocat international qu’il ne sera pas autorisé à défendre ses clients au Maroc. Me Koudou Martin, approché le mardi 13 mars 2018, a réagi.

« Je pense que cela pose un problème de fond. Je m’étais engagé à défendre gratuitement les deux ivoiriennes qui ont été battues par de jeunes camerounais au Maroc. À cet effet, je me suis plusieurs fois rendu au Maroc où je les ai rencontrées; je les ai défendues sur le plan juridique. Mais il se trouve que je ne peux pas les assister devant les tribunaux marocains. Pourquoi ? Je me suis rendu auprès du Ministère de la Justice du Maroc et là, on m’a indiqué que malgré les bonnes relations qui existent entre la Côte d’Ivoire et le Maroc, il n’y a pas d’accord de coopération judiciaire entre les deux pays qui permet à un avocat Ivoirien d’intervenir au Maroc et vis versa. Donc en clair, s’il y a un Ivoirien qui a un problème au Maroc, il est obligé de se faire défendre par un avocat marocain, et il ne peut même pas y avoir de postulation parce que, on parle de postulation lorsque l’avocat étranger peut intervenir dans un autre pays. Dans ce cas, il se domicilie chez un confrère qui est originaire du pays où il veut intervenir. Dans le cas présent, il ne s’agit même pas de postulation parce que l’avocat Ivoirien ne peut pas intervenir devant les Tribunaux marocains, de même qu’un avocat marocain ne peut pas, en tout cas, selon ce qui m’a été dit, intervenir devant les juridictions ivoiriennes.

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Je pense que cela pose un problème, parce que nous avons deux pays qui ont des relations séculaires qui sont très bonnes. Je pense qu’il est important tout de même que très vite, nos autorités réfléchissent à mettre en place un accord de coopération judiciaire dans ce domaine, celui de l intervention des avocats marocains en Côte d ivoire et ceux de Côte d’Ivoire au Maroc.

Même moi-même, j’ai été meurtri et même surpris d’apprendre une telle chose parce que je m’étais engagé à défendre ces filles et aujourd’hui, il se trouve que je ne peux que les assister sur le plan juridique, c’est-à-dire que je ne peux que leur donner des conseils, être aux côtés de la consœur marocaine qui va assurer leur défense. Mais moi-même, je ne pourrais pas intervenir, et les défendre comme j’aurai voulu le faire devant les tribunaux marocains. Et je vous dis que la consœur marocaine n’était pas informée également de cette disposition. Elle pensait qu’étant avocat et de surcroit, inscrit dans un barreau africain, surtout en Côte d’Ivoire, je pouvais naturellement intervenir devant un Tribunal marocain. Elle a été surprise de la même façon que moi, d’apprendre que son confrère ivoirien ne pouvait pas intervenir devant les Tribunaux de son pays », a-t-il expliqué.

Devant la situation, l’avocat international qui a passé plus de 24 ans au barreau de Nice, a lancé cet appel aux autorités ivoiriennes : «Donc j’en appelle à nos autorités de faire ce qu’il faut faire pour permettre en tout cas, aux avocats des deux pays d'intervenir devant les tribunaux marocains et ivoiriens; je pense qu’aujourd’hui, nous sommes dans une ère de mondialisation dans le monde où les avocats, que ce soit des Ivoiriens ou des Marocains, doivent pouvoir intervenir dans les différents barreaux. C’est bon pour le monde des affaires, pour la protection des droits et des libertés individuelles parce que cela ne se comprend pas qu’aujourd’hui, il n’y ait pas cette possibilité là. Donc j’en appelle à nos autorités de faire ce qu’il y’a lieu de faire ce qu’il faut faire pour permettre en tout cas, aux avocats, Ivoiriens et Marocains pour qu’ils puissent intervenir, les uns, devant les Tribunaux marocains et les autres, devant les Tribunaux ivoiriens ».

Nous avons joint le Ministère de l’intégration africaine et des Ivoiriens de l’étranger, pour en savoir plus. Le responsable de la Communication dudit ministère nous a orienté vers Issiaka Konaté, Directeur général des Ivoiriens de l’étranger, qui n’a pas souhaité réagir.

Aux dernières nouvelles, les deux jeunes victimes d’agression arrivent jeudi 15 mars 2018, à 19 heures à Abidjan, par un vol affrété par l’Office des migrations internationales (OMI). Il s’agit de leur permettre de regagner leur famille, le temps que l’instruction qui est en cours au Maroc se terminer, et que la date du procès soit connue.

Claude Dassé

Dernière modification le 15/03/2018

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