Il n’y aura ce jour ni Baoulé ni Wê : l’appel d’un journaliste ivoiro-suisse à ses parents

Journaliste-écrivain suisse d’origine ivoirienne, Banao Nambo n’est pas insensible à la situation qui se passe à l’ouest de la Côte d’Ivoire, sa région maternelle. Depuis la Confédération helvétique, il lance un appel au calme aux différents protagonistes sur le terrain.

« Chers parents Wê et Baoulé de la région du Cavally

Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé dans cette région de notre pays.  Mais le langage guerrier véhiculé des uns mêlé aux sentiments révoltés des autres, le tout entretenu par la diffusion sur les réseaux sociaux d’images affreuses , méritent qu’on y prête attention et interpellation.

Aussi, loin que remontent mes souvenirs et selon les documents récemment lus, les deux peuples aujourd’hui rivaux ont-ils longtemps cohabité dans ce cercle devenu momentanément litigieux. Vous y aviez toujours développé des modes de vie et des alliances fraternelles desquels sont nés des enfants.  Dans cette conjugaison d’efforts humains, notre pays la Côte d’Ivoire a préservé sa place de premier producteur mondial de Cacao depuis des décennies, qui fait de ses ressortissants des gens respectés dans le monde entier.

Je peux comprendre alors que dans ce paysage, des hostilités éclatent comme cela est de la nature humaine. Mais l’exagération et la radicalisation des positions dans la durée est catastrophique non seulement dans le tissu familial, mais aussi régional et même national.  Vous êtes conscients que depuis ces affrontements, la liste des victimes s’allongent certainement et officieusement des deux côtés, créant la désolation dans vos vies de tous les jours.

Chers parents, nous sommes un même peuple, c’est-à-dire, exposé aux mêmes souffrances. Dans quelques jours aura lieu le match de football opposant l’équipe nationale du Maroc aux Éléphants de Côte d’Ivoire dans le cadre des éliminatoires de la coupe du Monde, zone Afrique  et, l’équipe de notre pays sera constituée de toutes les ethnies de notre beau pays. Comme un seul homme donc, nous serons amenés à les galvaniser.. Il n’y aura ce jour ni Baoulé ni Wê.

C’est pourquoi, j’appelle à la retenue, au pardon mutuel, au respect des institutions qui garantissent l’unité nationale.  Que les nombreux appels lancés par les autorités soient entendus afin que la justice soit rendue dans l’ordre et la discipline. La Côte d’ivoire est notre pays. Que son amour nous interpelle à y manifester des gestes d’humanité, de pardon et du vivre ensemble ».

Depuis la Suisse

Votre fils Banao Nambo
Journaliste-Ecrivain

Dernière modification le 06/11/2017

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