Identification des populations au Ghana : des réfugiés ivoiriens évoquent une situation « catastrophique »

Depuis le 28 mai 2018, le gouvernement du Ghana a lancé la campagne de confection de nouvelles cartes d’identités nationales (CNI) pour les citoyens ghanéens, puis de nouvelles cartes d’identité de réfugiés (UNHCR-GHANA) qui sont sur le territoire ghanéen, et constitués de plus de 90 % d’Ivoiriens.

Siomboe Gueye, l’un des principaux responsables du camp de Ampain (prononcez Ampinou en N’zima, la langue locale), premier camp de réfugiés ivoiriens, situé sur le territoire ghanéen, à 70 kilomètres de la frontière ivoirienne qui donne l’information, déplore pourtant la situation, et il nous en donne les raisons : « Nous nous interrogeons un instant sur l’importance des documents que le Ghana  nous impose ? D’un côté, nous recevrons des documents officiels, et de l’autre, ces documents sont inutiles puisque nous ne pouvons les utiliser  pour nos différentes activités. Que ce soit pour la confection d’un document de voyage tel que le passeport, par exemple pour les réfugiés qui veulent quitter le camp, soit pour exercer une activité lucrative. Je trouve donc bizarre qu’on nous impose une telle carte. Même en possession de cette carte d’identité de réfugiés qui sera émise avec deux logos : celui du UNHCR et celui du gouvernement ghanéen, les Ambassades occidentales nous refusent les visas. Y compris les représentations diplomatiques africaines. Et même, nous avons des problèmes aux frontières des pays limitrophes de la Côte d’Ivoire. La carte d’identité (UNHCR-GHANA) ne nous donne pas accès aux banques et autres activités. D’ailleurs, il nous a été déconseillé de nous procurer une police d’assurance santé ».

L’évangéliste Kipré Eric,  pensionnaire de ce plus gros camp de réfugiés ivoiriens au Ghana,  et dans la sous région, ajoute de son côté que la situation est vraiment «catastrophique». « Frères et sœurs, espérons que cette énième carte sera le dernier document qu’on nous impose. Remarquons que nous sommes en partie responsables de ce qui nous arrive. Pourquoi faire sept ans dans un pays qui n’est pas le nôtre », s’interroge l’homme de Dieu, dépité de la situation que vivent au quotidien, les 3600 âmes dont plus de 1000 enfants, au sein de ce camp dressé à la lisière de la route internationale.

La situation concerne tous les camps de réfugiés au Ghana qui sont au nombre de trois.

Claude Dassé

Dernière modification le 31/05/2018

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