Exclusif/ Un conflit frontalier entre Bangolo et Logoualé aux odeurs de fer.

Les localités de Bangolo et Logoualé dans l’ouest de la Côte d’Ivoire se disputent une frontière à la lisière des monts SegaÏ et Totrô, des composantes de la chaîne de montagne qui part de Bangolo à Facobly et dominée côté Bangolo par le mont Gao et côté Facobly par le mont Klahoyo.

Après plusieurs rencontres des différents comités fonciers, dans le cadre de l’opération de délimitation des localités qui séparent les sous préfectures de Bangolo et de Logoualé, il a été décidé le 2 août dernier par le corps préfectoral de confier la résolution de la crise aux élus et cadres des deux localités. Mais tout de suite, ceux-ci ont donné de la voix pour inviter l’Etat ivoirien à prendre ses responsabilités en imposant des  limites qui tiennent compte des données historiques (frontières naturelles telles qu’exposées par les doyens des deux localités lors de la réunion du 2 aout à Logoualé).

Les dessous du conflit

On l’a entendu, si pour la partie Logoualé, le conflit tire sa raison des menaces d’expropriation des Guéré contre les paysans Yacouba dans la zone qui sépare les deux départements, pour la partie Bangolo, c’est bien l’exploitation des minerais contenus dans la chaîne de montagne située plus dans le département de Bangolo qui est la convoitise des yacouba.
Pour avoir le cœur net, Afrikipresse a mis la main sur une note récente, en date du 4 juillet 2018 du Ministère de l’industrie et des mines. La note fait un point relatif à l’état d’exécution  du Projet de Développement Minier Intégré de l’Ouest (PDMIO). L’objectif du projet est selon la note de contribuer au désenclavement du grand ouest de la Côte d’Ivoire et accélérer le développement économique de la région par l’exploitation des gisements miniers et le développement des infrastructures d’accompagnement.  Le projet comprend quatre composantes, à savoir le projet miniers du grand ouest ;  la construction du chemin de fer Man – San Pedro ;  la construction d’un terminal minéralier au Port Autonome de San Pedro et l’approvisionnement des projets miniers en énergie.



Aussi si chemin de fer porte sur un linéaire moyen d’environ 600 km  pour un coût prévisionnel  de 680 Md FCFA soit 1360 M USD,  l’exploitation des mines dans la zone devrait rapporter gros à l’Etat ivoirien.
Ainsi pour un investissement de 1.900 Md FCFA, ce sont au total 3,2 milliards de tonnes de fer qui seront exploitées dans les monts Gao, Klahoyo et Tia.
Il faut aussi rappeler qu’en décembre 2007, la SODEMI et Tata Steel (société indienne d’exploitation minière) avaient signé un accord de partenariat pour la mise en valeur du gisement de Fer du Mont Gao en vue de la réalisation d’une étude de faisabilité. Mais, en 2017, Tata Steel s’est retirée du projet. Selon la note à notre possession, la SODEMI est actuellement à la recherche d’un nouveau partenaire. En outre, en avril 2012, la SODEMI et Pan African Minerals (PAM) ont conclu, un accord pour la mise la mise en valeur du gisement de fer du Mont Klahoyo. Un permis de recherche minier a été attribué à PAM en mai 2012 dans le cadre d’un projet intégrée comprenant l’exploitation minière et la réalisation des infrastructures de transport. Aux dernières nouvelles, c’est le partenaire Chinois qui serait fortement intéressée par la réalisation de ce vaste projet de désenclavement économique de l’ouest ivoirien. Enfin,  qui dit exploitation des mines et construction d’un chemin de fer, dit dédommagement des populations riveraines, mais aussi développement des infrastructures socio-éducatives, construction de centre de santé, création d’emplois pour les jeunes. En un mot, modernisation de la zone concernée et donc amélioration des conditions de vie des populations.

Philippe Kouhon







Dernière modification le 06/08/2018

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