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Esclavagisme aux Cours Lamartine-Marcory : la justice saisie, défense et accusation parlent

Ayant constaté des manquements à leur contrat de travail, des ex-employés de l’école ‘’Les Cours Lamartine’’, sis à Marcory, ont traduit le mercredi 22 août 2018, devant le Tribunal du travail, leur employeur Fernande Mockey, représentée par Maître Akessi Camille.

Ehui Kouamé Brigitte, la porte-parole de ces ex-employés, raconte l’origine de la discorde : « Madame Mockey payait à certains d’entre nous, des salaires inférieurs au minima légal prévu par la loi ivoirienne, soit 30.000 francs CFA par mois, au lieu de 60.000 francs CFA par mois, malgré les heures supplémentaires  accomplies tous les jours. Les chauffeurs et les convoyeurs de l’entreprise ont également été sous-payés. Des arriérés importants de salaires n’ont pas été régularisés bien que nous les ouvriers nous soyons pour la plupart, mères et pères d’enfants à charge et éprouvant de sérieuses difficultés à vivre.

La Direction du Cours LAMARTINE ne nous a remis aucune fiche de paie conforme au droit du travail ivoirien. Pour tenter d’obtenir à l’amiable, la régularisation de notre situation et étant tous membres du Syndicat SYNEPPLACI (Syndicat National des Enseignants et des Personnels du Privé Laïc de Côte d’Ivoire), Section de base de COURS LAMARTINE, nous nous sommes rapprochés de notre patronne par le biais des représentants syndicaux que nous sommes. Nous avons même entrepris en vain, des démarches auprès de l’Inspection du travail et des lois sociales de Marcory.

Faute de propositions de la part de notre employeur, nous avons entrepris de nous mettre en grève le 09 mai 2017 jusqu’au jeudi 11 mai 2017, et avec un mouvement de grève renouvelable par tacite reconduction jusqu’à la satisfaction de nos réclamations et revendications.

Nous avons pour cela, préalablement déposé auprès de celui-ci, le 13 avril 2017, un préavis régulier de grève. Mais n’ayant pas donné de suite à nos revendications, nous nous sommes effectivement mis en grève, les 09, 10 mai 2017. (…)

La Direction du Cours LAMARTINE ayant ensuite promis de discuter avec nous, nous avons décidé le 22 mai 2017, de suspendre la grève. Nous avons donc normalement tenté de reprendre notre service mais à notre grande surprise, l’accès de l’Etablissement nous a été refusé. Et comme aucun courrier de licenciement ne nous a été remis pour nous expliquer les raisons de la rupture de notre contrat de travail,  nous avons continué de nous présenter comme d’habitude sur notre lieu de travail.

La Direction a maintenu sans raison, son refus de nous laisser travailler. Ce que nous avons fait constater par un huissier de Justice le 23 mai 2017. Nous avons été empêchés de reprendre notre travail jusqu’à la fermeture du Cours LAMARTINE pour les vacances scolaires de juillet et août 2017.

Le 05 septembre 2017, à la rentrée des classes, nous avons été de nouveaux éconduits. Nous avons alors fait dresser un nouveau constat d’huissier le 11 septembre 2017. Toutes les tentatives amiables de règlement du litige tant auprès de l’Inspecteur  du Travail de Marcory que celui du Plateau ayant échoué et devant l’intransigeance de la Direction, nous avons saisi notre Conseil, Maître Martin Koudou DOGO afin de porter le litige devant le Tribunal du travail d’Abidjan pour signaler cette situation de non droit. C’est pour cela que nous sommes ici, ce matin. C’est de l’esclavagisme car nous travaillions comme des forcenés ».

À la sortie du bureau du juge, Maître Dogo a fait la déclaration suivante :  « Mes clients ne peuvent pas scolariser leurs enfants parce qu’ils ont été mis dehors de façon sauvage. Moi je pense qu’on assiste à un nouvel esclavagisme des temps modernes. (…) Aujourd’hui, on dit que l’employeur dit qu’elle ne connaît pas ces salariés. Cela n’est pas sérieux. Donc l’affaire va être renvoyée devant la juridiction présidentielle pour qu’elle soit jugée sur le fonds du droit. Et bien évidemment, mes clients demandent que leur droit soit réparé. Ils demandent des dommages et intérêt de 100 millions de Francs Cfa et que leur situation soit régularisée ».

Sur la question de ‘’l’esclavagisme’ qui règnerait au sein de l’école de sa cliente, l’avocat de la défense, Akessé Camille, a eu la réaction suivante : « Ces propos n’engagent que leurs auteurs (les plaignants : Ndlr). Et puis, je n’ai aucune déclaration à faire à la presse ».

Claude Dassé

Dernière modification le 23/08/2018

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Dasse Claude

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